Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

JoSeseSeko

JoSeseSeko

"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Un mirage européen qui fait couler la gauche

Publié par JoSeseSeko sur 29 Mai 2025, 15:15pm

Catégories : #Économie, #Politique, #Europe, #France, #Référendum, #Démocratie, #Capitalisme, #Lutte des classes, #Austérité

Photo: Flickr/Jeanne Menjoulet

Photo: Flickr/Jeanne Menjoulet

20 ans après le "non" au référendum sur le Traité constitutionnel européen et (presque) 10 ans après le "non" à l'austérité par référendum en Grèce, l'Union européenne dicte sa loi, qui est celle du capital. Et la gauche, pourtant en mesure de s'y opposer, finit par capituler, permettant à l'extrême-droite d'aliéner les esprits face à des désillusions multiples de l'électorat prolétaire.

Putain 20 ans! Comme le temps passe vite et que le souvenir d'une victoire tend à s'estomper à gauche. Oui, la dernière grande victoire politique à gauche fut celle du "non" au référendum sur le Traité constitutionnel européen (TCE), le 29 mai 2005. Du moins, cela était grandement revendiqué par la gauche du "non", autour du Parti communiste français (PCF), de l'aile gauche du Parti socialiste (PS) avec une figure comme Jean-Luc Mélenchon, du Mouvement républicain et citoyen (MRC) de Jean-Pierre Chevènement, ou de la Ligue communiste révolutionnaire d'Olivier Besancenot. Il faut dire que le résultat - 54,68% de "non" -, avec un taux d'abstention d'un peu plus de 30%, donne une légitimité que les tenants du "oui" - aile droite du PS, les Verts, le centre, la droite classique - ne peuvent pas contester sur l'instant, avant de faire passer par la fenêtre le TCE via le traité de Lisbonne en 2007, cadenassant encore plus le pouvoir national au profit d'instances européennes inféodées au capital.

Capitulations en cascade

Ce premier exemple de déni démocratique dans un pays de l'Union européenne (UE), où la gauche, qui s'est fracturée durant la campagne référendaire, a tenu à se rabibocher au lieu d'assumer cette démarcation "irréconciliable", en a appelé d'autres dénis démocratiques. C'est le cas de l'Irlande en 2009 où, après avoir refusé dans un premier référendum le traité de Lisbonne, elle fut contrainte par l'UE de l'adopter au bout d'un deuxième référendum. Mais l'autre exemple fort éloquent fut celui de la Grèce en 2015. Le gouvernement mené par le parti de gauche radicale Syriza, lança un référendum sur le plan d'austérité qui lui a été imposé par l'UE. Et là encore, ce fut un refus net et sans bavure de la part des citoyens grecs le 5 juillet 2015. Et pourtant, une semaine plus tard, le Premier ministre Aléxis Tsípras finit par céder aux desideratas austéritaires de l'UE, sous le leadership de la chancelière allemande Angela Merkel, signant un nouveau plan d'austérité et actant une nouvelle capitulation historique de la gauche face aux tenants du capital, ayant les technocrates de Bruxelles dans leur poche.

Toujours est-il que ces événements illustrent le fait que l'union euro-austérité est une arme de dissuasion massive contre toute alternative politique au capitalisme néolibéral. Par conséquent, soit la gauche provoque la mise à mort de l'euro, soit l'euro condamne la gauche à la marginalisation car l'euro est un choc asymétrique (strictement) positif pour l'Allemagne et plusieurs pays du Nord de l'UE; tandis que c'est un choc asymétrique (strictement) négatif pour la France et le Sud de l'UE. C'est ce qui semblait compris de la part de Mélenchon et de ses troupes de la France insoumise (FI) en 2017, invoquant "un plan A/plan B", soit une phase de négociation des traités, et en cas d'échec, un référendum de sortie de la zone euro ou bien même de l'UE. Mais depuis, cette dialectique a été abandonnée par les insoumis, se référant désormais à l'idée de la désobéissance aux traités. Histoire de ne pas heurter davantage les sensibilités du PS et des écologistes, pro-européens au sein des coalitions de gauche de ces dernières années - NUPES puis NFP -.

Tergiverser, c'est se marginaliser

Mais à force de ne pas vouloir heurter des sensibilités pro-européennes qui ont eu l'occasion d'être au pouvoir lors du quinquennat de François Hollande (2012-2017), cela finit par une marginalisation de la gauche, dans son ensemble, tant le PS sous Hollande est à ranger au niveau de la "droite complexée", pour reprendre cette formule de l'économiste et philosophe Frédéric Lordon. Ce qui fait que le geste magnanime de Mélenchon et des insoumis à l'égard des socialistes ingrats et revanchards dans l'idée de retrouver leur hégémonie (catastrophique) à gauche, en 2022 et en 2024, ne peut qu'être déroutant politiquement parlant, auprès d'un électorat prolétaire hétérogène, qui s'estime - à juste titre - trahi par le PS et décide soit de s'abstenir, soit de voter Rassemblement national (ex-Front national).

Signe que la fracture à gauche en 2005 lors du référendum devrait être assumée pour de bon, permettant à un axe FI/PC de véritablement dominer le côté gauche de l'échiquier politique. Mais comme la FI est présentée médiatiquement comme une secte avec Mélenchon comme gourou d'une part; et que le PC, sous la direction (droitière) de Fabien Roussel, préfère s'inféoder au PS, renonçant ainsi à ses fondamentaux, et lutter pour des places en participant à la meute anti-insoumis d'autre part; cet axe radical reste une chimère intellectuelle. En tout cas, l'extrême-droite a de quoi se frotter les mains devant une telle situation et ce n'est pas demain la veille (hélas) que les meneurs et militants de gauche arriveront à comprendre qu'une unité ne s'improvise pas, mais qu'elle se programme, surtout sur un angle de rupture avec le capitalisme et non pas d'accommodement. 

Bref, l'horizon n'est guère enthousiasmant!

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents