Frohes Geburtstag für den SPD? Ich bin seiner nicht sicher!

Publié le par JoSeseSeko

Frohes Geburtstag für den SPD? Ich bin seiner nicht sicher!

Titre en français: Joyeux anniversaire pour le SPD? Je n'en suis pas sûr!

Il est rare que je parle de l'Allemagne, d'autant plus que je ne suis pas germanophone (ne vous méprenez pas par rapport au titre de l'article), mais là, il y a de quoi s'y intéresser.

Il y a 150 ans, jour pour jour à Leipzig, naquit un parti politique allemand connu par la suite sous le nom de parti social-démocrate d'Allemagne (SPD, Sozialdemokratische Partei Deutschlands), qui est à l'heure actuelle, le plus ancien parti politique allemand.

Ce parti a connu bien des changements entre sa fondation par Ferdinand Lassalle, un socialiste allemand à l'attitude politique différente de celle de Karl Marx et Friedrich Engels, la division sanglante avec l'ex-aile révolutionnaire du parti sur la guerre, devenue par la suite la "Ligue Spartakiste" (Spartakusbund, ancêtre du KDP, Parti communiste allemand) après 14-18, l'abandon officiel de toute référence au "marxisme" lors du Congrès de Bad Godesberg en 1959, les mandats à la chancellerie de Willy Brandt, Helmut Schmidt et Gerhard Schröder, approfondissant la ligne réformiste, voire sociale-libérale au sein de la social-démocratie européenne et mondiale, s'inspirant davantage du Parti Travailliste britannique que du Parti Socialiste français (ex-SFIO).

Cet anniversaire tombe à quelques mois des élections fédérales, permettant de savoir si la chancelière Angela Merkel, appartenant à l'union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU, Christlich Demokratische Union Deustchlands) serait reconduite pour un 3ème mandat ou bien si Peer Steinbrück (SPD) ramènerait les sociaux-démocrates au pouvoir; mais aussi 1 an après l'élection de François Hollande (PS) à la présidence de la République Française. Or, entre les socialistes français et les sociaux-démocrates allemands, c'est "je t'aime, moi non plus!" Quand bien même ils convergent vers un social-libéralisme de plus en plus visible, ils n'accordent pas la même place pour la liberté (priorité allemande en théorie), l'égalité (priorité française en théorie); ils n'ont pas la même force d'opposition à leur gauche (la gauche du PS, avec les Europe Écologie-les Verts ou le Front de Gauche a une force plus faible que la gauche du SPD, avec les Verts-Alliance 90 ou Die Linke), ni les mêmes rapports avec cette dernière (Le Front de Gauche est plus ou moins lié électoralement au PS, donc relativement peu de tensions tandis que le SPD a une haine féroce et historique avec Die Linke).

Enfin, en période de crise structurelle du mode de production capitaliste depuis 2008, suite à son évolution depuis les années 1970, les partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes parfois élus au sommet du pouvoir dans l'intervalle auraient pu répondre à leurs inspirations originelles. Ce ne fut pas le cas, question de "réalisme" selon le mainstream fataliste et bien-pensant. Pire, ces partis se sont inscrits en porte-à-faux, notamment le SPD avec Schröder, menant une politique d'austérité en Allemagne dans les années 2000 considérée par la suite comme un salut nécessaire à l'économie allemande (en augmentant les inégalités et la part des pauvres dans la population totale, c'est un sacré salut!), un suicide si cela s'imposait à toute l'UE soit dit en passant; une coalition -CDU-SPD entre 2005 et 2009 qui a coûté cher électoralement au parti, puis une incapacité à fournir une critique frontale face aux libéraux-conservateurs et à fournir une alternative au lieu d'une alternance.

Ferdinand Lassalle, Karl Marx, Friedrich Engels, Paul Lafargue, August Bebel, Wilhelm et Karl Liebknecht, Karl Kautsky, Rosa Luxemburg, Jules Guesde, Jean Jaurès ou encore Antonio Gramsci doivent se retourner dans leur tombe!

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