un enseignement à revoir (enfin)!

Publié le par JoSeseSeko

un enseignement à revoir (enfin)!

Le classement PISA (Program for International Student Assessment, traduit en français par Programme international pour le suivi des acquis des élèves), organisé par l'Organisme de coopération et de développement économiques (OCDE), publié le 3 décembre 2013, indique que pour l'année 2012, le niveau d'éducation en France s'abaisse pour les élèves ayant 15 ans (ce classement porte sur cet âge-là, quasi uniquement. Curieux), passant à la 25ème place parmi les pays de l'OCDE. Du coup, tous les politiciens et les politiciennes de l'Hexagone crient à la catastrophe, utilisent ce classement à toutes les sauces, sans regarder dans le détail. En effet, si on regarde à certains niveaux, notamment pour la lecture, les élèves français ont relevé leur niveau, repassant au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE.

Maintenant, regardons au-delà de ce classement. Il signale combien l'enseignement à la française ne permet pas de fournir un niveau élevé de capital humain, d'esprit critique à l'ensemble de la population, car ceci est exclusivement réservé à une élite -formée à Sciences Po, Polytechnique, Normale Sup, École nationale d'administration (ENA), etc- qui rivalise, pour le coup, parfaitement avec les autres pays en matière de connaissance. Mais c'est exclusif! Et c'est cette même élite qui ose se plaindre du mauvais résultat d'ensemble et crie au déclin. Quelle hypocrisie!

En tout cas, c'est une occasion pour revoir (enfin) l'enseignement pour qu'il soit bénéfique à tous, respectant ainsi la devise "Liberté, Égalité, Fraternité". Deux exemples sont à mes yeux marquants.

Tout d'abord l'enseignement de l'Histoire. Les programmes sont clairement à refaire, mais en prenant l'existence d'empires africains durant le Moyen Âge qui étaient bien supérieurs aux royaumes européens de la même époque, puis surtout, remettre en question deux personnages glorifiés, pourtant criminels: Louis XIV et Napoléon Bonaparte. On nous bassine sur l'idée que ce sont des enseignants-historiens de gauche qui font les programmes. Pas du tout! Ce sont des historiens de droite, des gens "bien-pensants", qui ont le champ libre, montrant Louis XIV sous l'angle de Versailles, des gains frontaliers; omettant sciemment de ne pas parler des persécutions faites envers les protestants suite à la révocation de l'édit de Nantes en 1685 (aparté: nombre de ces huguenots français sont partis en Afrique du Sud, et il n'est donc pas étonnant de voir des patronymes français tels de Villiers, ou Malan, ce dernier étant un sinistre nom puisque c'est Daniel François Malan, descendant d'huguenot persécuté sous Louis XIV, qui devint persécuteur des noirs en instaurant l'apartheid en 1948), et de l'application du Code Noir la même année, légalisant l'esclavage spécifique envers les noirs d'Afrique, à déporter et à exploiter sans pitié (avec le soutien bienveillant de l'Église soit dit en passant). Au sujet de Napoléon Bonaparte; durant ma scolarité antérieure à la fac, je n'ai vu qu'un petit document, dans mon cours d'Histoire en seconde, qui relate la politique coloniale du Premier Consul, voulant mater Toussaint Louverture, gouverneur noir de Saint-Domingue, afin de rétablir l'esclavage en 1802, que ses anciens protecteurs jacobins avaient aboli en 1794. Certes, il a remporté de multiples batailles avec un talent militaire incomparable, mais au final, le "caïd" (semblable à un ancien président, "voyou de la République") a rendu la France plus petite en 1815 qu'au moment coup d'État de Brumaire an VIII (Novembre 1799: prise de pouvoir de Bonaparte), où elle avait atteint ses "frontières naturelles".

Ensuite, l'économie, qui est mon principal champ d'études. Au lycée, beaucoup considèrent qu'il y a une tendance à parler des économistes plutôt de gauche tels Karl Marx ou John Maynard Keynes (Keynes rangé à gauche, très drôle au sujet d'un homme qui a toujours voté pour le parti libéral!). Mais ce que les représentants du "mainstream" omettent de dire, c'est qu'à l'université, c'est une ultra-domination de la pensée néo-libérale, leur courant, et qu'ils reproduisent ainsi leur idéologie en la fournissant massivement auprès des étudiants, afin de discréditer, de dénigrer toute thèse alternative.

À bon entendeur!

P.S: ci-dessous, voici la première et la dernière vidéo d'émissions menées par l'historien Henri Guillemin sur Napoléon, pour la télévision suisse. Je vous laisse le soin de les regarder, ainsi que de chercher et de regarder toutes celles qui se trouvent entre les deux, afin de voir l'évolution du personnage.

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