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Changer la Constitution pour un Kabila ad vitam aeternam

Publié le par JoSeseSeko

Changer la Constitution pour un Kabila ad vitam aeternam

Ces derniers jours, Kinshasa commence à bouillir car il se pourrait que le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila dit le Mzee, en 2001, élu de manière contestable et contestée en 2006 et 2011 (cette dernière étant une mascarade), pourrait se maintenir au pouvoir après les élections de 2016. C'est une proposition de Claude Mashala, secrétaire national du parti présidentiel qu'est le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) qui a mis le feu aux poudres. En effet, mardi 18 mars, ce cadre du PPRD énonce l'idée d'une modification de la Constitution de la République Démocratique du Congo (une fois encore), dès 2015, afin que Kabila puisse de nouveau briguer un mandat en 2016.

Or, cette déclaration s'inscrit en porte-à-faux avec les discours officiels du Palais de la Nation (l'Élysée congolais, pour les français qui ne connaissent pas forcément l'ex-Zaïre), ou du gouvernement, qui par la voix de son porte-parole, Lambert Mende, assure que "Joseph Kabila nous a dit qu'en 2016, il y aura un passage de flambeau civilisé entre un président qui sort et un président qui entre."

Si la Constitution est modifiée, ce sera pour casser la limitation du nombre de mandats présidentiels (article 220), puis faire de l'élection présidentielle un suffrage indirect. Le camouflet de 2011 est encore dans les esprits et les partisans d'Étienne Tshisekedi (Union pour la démocratie et le progrès social) ne vont rien lâcher. Il est plus tentant de croire que les langues se délient car ce n'est pas la première fois que la Constitution est modifiée précisément sur l'élection du président de la République -en 2010, une modification pour que l'élection se fasse en un tour, non plus en deux, quand bien même le vainqueur n'aurait pas la majorité absolue, ce qui fut le cas en 2011 soit dit en passant-. Bref, une dictature kabiliste se met en place, croyant à ce vieux principe que Voltaire déclara en son temps: "un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne".


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