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Après les départementales

Publié le par JoSeseSeko

Capture d'écran

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Maintenant que les élections départementales, qui ont mobilisé un électeur sur deux pour le second tour, dimanche 29 mars, sont passées, elles ne resteront pas sans conséquences aucune pour les partis politiques, comme pour les médias, développant un "je-m'en-foutisme" auprès des électeurs et sacralisant la triade FN-UMP-PS.

Les urnes ont parlé, et le Parti socialiste (PS) a entraîné le reste de la gauche dans sa débâcle, ô combien prévisible. Déjà, un an jour pour jour après les municipales, les départementales ont apporté une nouvelle branlée au pouvoir en place. Le premier tour en mode bordélique des départementales, dimanche 22 mars, confirme la tendance qu'est de sanctionner la politique nationale par des victoires locales de l'opposition. L'Union pour un mouvement populaire (UMP) et l'Union des démocrates indépendants (UDI) fanfaronne alors que la participation électorale est signe d'une faillite générale, car le vote prend un cens caché.

Des bascules symboliques

Alors que la gauche (en comptant le PS même si pour certains, ça se pince le nez à ce sujet) avait 60 départements, la voici désormais capable d'en diriger 34. Dans les bascules symboliques, on trouve la Corrèze et l'Essonne, fiefs du président François Hollande et du Premier ministre Manuel Valls, qui sont entre les mains de la droite (pour ce que ça change). De même que les départements du Nord et des Bouches-du-Rhône, par exemple, sont passés à droite, alors qu'ils étaient des bastions socialistes depuis plusieurs années.

Un "ni-ni" des électeurs socialistes?

Comme l'évoquait le journal Marianne peu avant le second tour, les électeurs habituels du PS auraient marqué leur dégoût de la politique du parti en n'allant pas voter ou en votant blanc, appliquant de facto un "ni-ni" que la direction ne défendait pas. En effet, Valls, Jean-Christophe Cambadélis (premier secrétaire du PS) et d'autres ténors du parti y trouveraient, si c'est le cas, une humiliation supplémentaire car ils prônaient mordicus des arguments du style "vote utile" ou "front républicain", pour "faire barrage au Front national" (dixit Valls au 1er tour).

Or, cet argument stupide et aliénant (il ne faut que des aliénés pour l'accepter), renforce à terme le FN, qui n'en demande pas tant, car en-dehors de ça, le PS, comme l'UMP, prononce un brin de programme qui est faiblement appliqué une fois au pouvoir. Et par la suite, ces partis s'étonnent de la fuite des électeurs, car ils restent ancrés dans la morale suivante: "il ne faut jamais prendre les gens pour des cons mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Pourtant, le FN suit également cette morale, avec une touche personnelle, comme l'indique La Voix du Nord dans un de ses articles. D'ailleurs, il ne dirigerait pas le Vaucluse et l'Aisne, mais pourrait bien empêcher une majorité claire au conseil départemental, à moins que l'UMP et le PS cohabitent localement, mais ce serait un cadeau empoisonné. Un jeu à somme négative pour le coup!

Avenir du Front de gauche

Pour le Front de gauche (FG), l'avenir semble marqué d'incertitudes, du moins c'est ce qui se dirait. Ces élections sont en demi-teinte puisque la principale composante de la coalition de gauche radicale, le Parti communiste, a perdu l'Allier mais a gardé le Val-de-Marne, son dernier bastion. Certains, au PC, pourraient tenter de redevenir la cinquième roue du carrosse socialiste, alors qu'il devient une citrouille immonde, mais certains résultats locaux, avec le reste du FG, notamment le Parti de gauche et Ensemble!, plus des alliances locales avec Europe Écologie-Les Verts (EELV) montrent que la recherche d'alternative n'est pas totalement morte.

Mais les écologistes sont tiraillés avec les résultats d'hier. Le faible poids électoral d'EELV le pousserait à participer de nouveau au gouvernement. Mais comme les résultats sont au niveau national, comme l'indique le ministère de l'Intérieur, ils biaisent absolument des niveaux locaux importants. Et ce, d'autant plus que EELV, tout comme le FG ou le FN, n'a pas présenté des candidats sur tous les cantons. Pour en revenir à la marche à suivre chez les écolos, il y a la ligne du sénateur Jean-Vincent Placé, pro-gouvernement, qui appelle à la raison (et à la soumission), en vertu des résultats nationaux. De l'autre, la ligne de la députée Cécile Duflot, tient à un rapprochement avec le FG, car des cantons ont été gagnés par les écologistes suite à des alliances avec la gauche radicale.

Toujours est-il que les électeurs sont globalement déçus du niveau des politiciens, et le font savoir sous différentes formes. Faudra-t-il les blâmer ou plutôt les convaincre de projets tenus? Voilà la question.

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