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La France s'américanise à fond

Publié le par JoSeseSeko

La France s'américanise à fond

Alors que les États-Unis montrent le signe d'une société policière, raciste et peu démocratique (bipartisme suçant Wall Street), la France lui emboîte de plus en plus le pas, avec l'UMP et le PS, sans le faire discrètement, en comptant sur l'aliénation des citoyens.

Pour clôturer un mois d'avril record au niveau des pages vues sur ce modeste blog par vous, chers lecteurs, et en célébrant ainsi les 25 ans de son auteur, il est bon de parler d'une tendance observable en France qu'est l'américanisation. C'est-à-dire, une pratique quotidienne, notamment dans la classe politique hexagonale, à se baser sur ce qui se fait outre-Atlantique. C'est ainsi que la méthode des primaires, si traditionnelle à Washington, notamment pour le parti "d'opposition", a été importée à Paris, principalement par le Parti socialiste quand ce dernier était dans l'opposition, et que compte adopter l'Union pour un mouvement populaire en 2016, afin de désigner le candidat à l'élection présidentielle de 2017.

Des primaires totalitaires

Mais la différence avec ce qui se passe aux États-Unis, c'est qu'il y a d'autres partis en France, ainsi qu'une législation (temps de parole, plafonnement budget de campagne, etc.) qui œuvre à montrer un certain multipartisme dans l'Hexagone. Outre-Atlantique, bien qu'il y ait d'autres partis politiques (Parti libertarien, Tea party, Parti vert, Parti socialiste, Parti communiste, etc.), ils ont une faible probabilité d'être médiatisés, d'exister auprès des citoyens-électeurs dans la mesure où les milieux d'affaires envoient des milliards de dollars de dons aux 2 partis dominants dans la vie politique États-unienne, le Parti démocrate (centre-gauche) et le Parti républicain (droite).

D'ailleurs, même au PS, on évoque l'idée d'une primaire, en raison de l'impopularité record du président François Hollande. En tout cas, un rapport du think tank Terra nova, proche du parti, émet cette piste, en recommandant de l'élargir à des partis ou coalitions à la gauche du PS (Europe écologie-les verts; Front de gauche; Mouvement républicain et citoyen, etc.). Une tentation semblable pour l'UMP, en l'élargissant avec des centristes à leur "gauche" et des conservateurs-nationalistes à leur droite. Par conséquent, les primaires ont pour but de réduire les choix possibles pour les électeurs et de minimiser le risque d'un 21 avril 2002 (présence de Jean-Marie Le Pen, candidat du Front national, au second tour de la présidentielle, face à Jacques Chirac) encore bien traumatisant pour certains.

Américanisation de noms de partis

Si ce n'était que l'importation des primaires, ce ne serait pas si gênant de la part de la classe politique française. Mais ça veut aller au-delà. À l'UMP, l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, qui a repris la tête du parti de droite ces derniers mois, compte changer le nom du parti, en proposant - ou plutôt en imposant, ce qui correspond à son style! - comme nom "Les républicains". Ce qui, de la part de l'atlantiste Sarko, est en référence au Parti républicain tel qu'il est actuellement, un parti conservateur qui représente uniquement les grands intérêts, et non comme durant l'époque d'Abraham Lincoln, assassiné il y a 150 ans.

Mais le PS se posait ce genre de question, notamment après le congrès de Reims en 2008. Manuel Valls, actuel Premier ministre, proposait d'abandonner le nom de Parti socialiste à l'époque, ce qui lui attira les foudres de Martine Aubry. Et si jamais il y aurait changement de majorité en 2017, sûr que Valls remettrait cette idée de changement de nom du parti sur la table, sachant pertinemment que le PS ne correspond plus tellement au socialisme, même s'il y a une aile gauche qui s'en réclame, de manière timide toutefois.

"Police partout, justice nulle part"

Cette lente convergence à adopter les méthodes yankees ne se concentre pas uniquement au niveau politicien. Mais également sur la sécurité publique, même s'il y a une différence notable. Les flics français ne tirent pas à tout bout de champ, comme leurs collègues états-uniens, ce qui pousse à des émeutes, comme à New York, Cleveland ou Ferguson l'année dernière et comme à Baltimore ces derniers jours. Comme le disait le philosophe cynique Diogène: "voilà de grands voleurs qui en attrapent des petits!"

Toujours est-il que les policiers sont les défenseurs des grands intérêts, s'acharnant sur de petits caïds, surtout si la couleur de peau entre en compte dans leur pratique d'arrestation. Aux États-Unis, les flics aiment buter des noirs. En France, ils aiment contrôler et arrêter des noirs et des arabes. Bien que cela ne soit pas forcément systématique - je n'ai guère connu de contrôle par des policiers alors que je suis un Afro-descendant bien visible. Je touche du bois! -, j'ai tout de même presque toujours remarqué que des contrôles se faisaient sur des noirs et arabes, et non sur des blancs. Comme si ces derniers n'étaient pas dangereux, ben voyons! Mieux, quand ils arrêtent un Afro-descendant, ils y vont à plusieurs. Par exemple, durant une manifestation au sujet du charnier de Maluku menée à Paris, j'ai vu, comme d'autres manifestants, 16 flics, gendarmes et agents de la RATP entourer un noir menotté. Et après, les politiciens de pacotille s'étonnent que la police soit mal vue, en raison de contrôles au faciès!

Pour finir, j'aimerais vous laisser méditer cette phrase de l'écrivain britannique George Orwell, issue de La Ferme des Animaux: "Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d'autres."

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