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Du Non au TCE au déni politique

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Ina

Photo: Ina

Ce vendredi 29 mai correspond au 10ème anniversaire du refus par référendum au Traité constitutionnel européen (TCE). Un "Non" franc et massif transformé en "Oui" des partis quelques années plus tard, montrant un déni source de détestation de l'Europe actuelle et future.

Putain 10 ans! Le référendum organisé par la France sur le TCE et son vote pour le "Non", avec près de 55% des voix et une abstention plutôt faible (30%) pour ce genre de scrutin, date déjà d'une décennie. Dieu que ça ne me rajeunit pas. Jeune collégien à l'époque, je ne m'y étais guère intéressé même si, et je m'en souviens, j'avais suivi le débat qui avait eu lieu au moment de la publication des résultats, le dimanche 29 mai 2005. Je me rappelle également que mes proches avaient voté pour le "Oui".

Une défaite du mainstream...

Ce référendum est symbolique de l'arrogance des partis de gouvernement (Union pour un mouvement populaire; Parti socialiste) et de la grande presse, qui juraient que le "Oui" passerait les doigts dans le nez. Et Jacques Chirac était convaincu à cette idée, pensant ainsi faire le coup du traité de Maastricht en 1992, sous le deuxième mandat de son prédécesseur, François Mitterrand.

Mais la machine s'est enrayée. D'un côté, l'UMP a vu quelques militants quitter le parti, suivant le député Nicolas Dupont-Aignant, fondant le parti gaulliste Debout la République, devenu Debout la France depuis 2014. De l'autre, le Parti socialiste voit des militants comme Jean-Luc Mélenchon, Laurent Fabius ou Henri Emmanuelli mener la campagne pour le "Non", alors que le vote interne du PS indiqua fin 2004 - début 2005 une victoire du "Oui". Et pourtant, ce n'est pas faute de la part des mass media de donner un quasi-monopole d'intervention pour les partisans du "Oui" au TCE. À cette époque, les rares journaux qui laissaient s'exprimer les partisans du "Non" étaient très à gauche pour certains (L'Humanité, Politis, Marianne...).

... transformée en victoire

Malgré ce "Non" à une Union européenne qui a pris un virage libéral, aux yeux de la gauche radicale française, le retour à la charge n'a pas tardé avec le traité de Lisbonne organisé en 2007 et voté en 2008, durant le mandat de Nicolas Sarkozy. Marqué par le référendum de 2005, l'ancien président ne voulait pas commettre la même erreur que Chirac. Cette fois-ci, ce fut par voie parlementaire, lors d'un Congrès organisé à... Versailles. Tout un symbole!

Il faut dire que Sarko et l'UMP purent compter sur la complicité du PS puisque les députés socialistes étaient pour la plupart partisans du "Oui" en 2005. Donc, c'est une certaine cohérence de leur part. Toujours est-il que le sentiment de coup de poignard législatif dans le dos des électeurs renforce un certain dépit pour ces derniers, et que le vote prend un "cens caché".

Occasion ratée à gauche

Comme le rappelle Politis dans son numéro 1355 consacrant aux 10 ans du "Non", la gauche radicale française a raté une occasion inespérée de rassembler ses forces pour de futures échéances électorales. D'un côté, Mélenchon et les socialistes partisans du "Non" pensaient pouvoir prendre la direction du parti, ce que les congrès du Mans (novembre 2005) et de Reims (novembre 2008) les firent démentir, poussant notamment Mélenchon, Marc Dolez et d'autres à fonder leur parti. Trois ans de perdus!

De l'autre, le Parti communiste continuait à vouloir sucer la roue socialiste, afin de garder des élus locaux, tout comme au fond le Mouvement républicain et citoyen de Jean-Pierre Chevènement; la Ligue communiste révolutionnaire allait se transformer en Nouveau parti anticapitaliste; puis les Verts étaient marqués par des divisions internes pour les mêmes raisons que les socialistes. Il a fallu attendre 2009 et le développement du Front de gauche pour voir un début d'unification de la gauche radicale française. Mais le FG marque le pas depuis l'élection présidentielle de 2012, mais tente des initiatives avec le Mouvement pour la 6ème République.

En tout cas, il serait bon de s'inspirer du mouvement d'il y a 10 ans, plus de l'actualité de la gauche radicale dans le reste de l'Europe, pour reprendre souffle et convaincre les électeurs, du côté de la gauche radicale française.

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