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Victoire de Cameron... et des indépendantistes écossais

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/Lesley Martin

Photo: AFP/Lesley Martin

Les élections générales britanniques du 7 mai donnent une victoire des conservateurs de David Cameron, sans même former une coalition, comme en 2010 avec les Libéraux-Démocrates de Nick Clegg.

David Cameron a réussi son pari. Le Premier ministre conservateur est quasiment assuré de rester au 10 downing street, à l'issue des élections générales qui se sont déroulées hier. Le mano-à-mano réalisé face au parti travailliste d'Ed Miliband tourne à la victoire éclatante pour le premier et à l'humiliation totale pour le second. Il est bien parti pour s'assurer les 326 sièges nécessaires pour avoir la majorité absolue dans la Chambre des Communes.

Branlée des travaillistes

Le Labour vit l'un des plus gros échecs de son histoire, le plus important depuis 1987, au plus fort de la période de Margaret Thatcher, selon la presse britannique. Il pourrait avoir à peine 230 députés, un coup dur pour le leader Ed Miliband. Ce dernier, pourtant surnommé par les tabloïds anglais (de merde) "Ed le rouge", en référence à son père Ralph Miliband, un philosophe marxiste qui fut professeur à la London School of Economics, a juste pu sauver sa tête mais certains membres de la direction du parti n'ont pu être (ré)élus députés. Dans ces conditions, Ed Miliband ne peut plus rester à la tête du parti, même s'il a pourtant fait une campagne sociale-libérale, comme l'est le Parti travailliste depuis l'époque de Tony Blair, dans les années 90. Une guerre de succession va se préparer. Et si les socialistes français ont suivi cette élection, ils ne pourront que redouter l'effet dévastateur de la politique sociale-libérale du gouvernement Valls pour les prochaines échéances électorales hexagonales (régionales en fin d'année 2015, présidentielles et législatives en 2017).

Un autre parti est sorti sonné de ces élections, le Parti libéral-démocrate. Des 57 députés élus en 2010, il en reste désormais 8! Nick Clegg et ses amis paient fort leur participation à la coalition gouvernementale, les obligeant ainsi à revoir leur politique d'alliance avec d'autres partis, sinon, les LibDems n'existeront plus, tout simplement!

Une tornade écossaise

Si on regarde les régions du Royaume-Uni, on constate que l'Angleterre est largement conservatrice, à l'exception des bastions travaillistes du nord-ouest, au niveau de Liverpool, de Manchester, de Sheffield par exemple, mais qu'un vent de sécession souffle en Écosse. Cette région traditionnellement travailliste, a basculé vers un vote pour le Parti national écossais (Scottish national party, SNP). Ce parti indépendantiste, qui s'est fait remarquer au moment du référendum écossais de septembre 2014, a obtenu 56 des 59 sièges réservés à l'Écosse. Soit 50 élus de plus qu'en 2010.

Les électeurs ont ainsi sanctionné les travaillistes dans leur soutien à l'Union en septembre dernier et malgré la victoire du "non" à l'indépendance, le SNP en est sorti renforcé, devenant aujourd'hui la 3ème force politique du Royaume-Uni. Et ça, c'est l'épine que va devoir gérer Cameron car c'est historique et il ne serait pas illogique que l'indépendance de l'Écosse soit enfin actée. En tout cas, les indépendantistes écossais, qui sont plus à gauche que le Labour, ont tout mon soutien.

Signal de sortie

Avec cette victoire des Tories, le Royaume-Uni, contrairement à ce que pensent certains français, indique sa volonté de vouloir sortir de l'Union européenne (UE) et David Cameron se sait attendu puisqu'il s'est engagé, en cas de victoire, à faire un référendum sur la poursuite de l'aventure british dans l'UE ou non à l'horizon 2017. En tout cas, si Albion sort de l'UE, ce serait la plus grande nouvelle pour l'espace économique communautaire car il n'y aura plus l'obligation du "I want my money back", instaurée depuis Miss Maggie.

Et dans ce cas, l'économie britannique y serait perdante. D'ailleurs, la City s'inquiète volontiers de cette éventualité car elle ne tient pas à l'isolement de Londres auprès de Bruxelles, sachant sans doute que les structures économiques sont fragilisées par la politique d'austérité du gouvernement Cameron, la pauvreté croissante des ménages british et la faible productivité des travailleurs outre-Manche.

Bref, c'est une défaite du Royaume-Uni à terme!

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