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Une tragi-comédie gréco-européenne

Publié le par JoSeseSeko

Photo: REUTERS/Alkis Konstantinidis

Photo: REUTERS/Alkis Konstantinidis

En refusant de payer la créance envers le Fonds monétaire international (FMI), prévue le 30 juin, et en annonçant un référendum pour le 5 juillet, le gouvernement grec se met une pression d'enfer mais met également la pression sur ses créanciers, en particulier l'Union européenne (UE).

Un nouvel épisode de la crise entre la Grèce et les partenaires européens a commencé. Les cris d'orfraie sont sortis depuis que le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé un référendum, au sujet de l'accord entre Athènes, Bruxelles et le FMI le 25 juin, pour le dimanche 5 juillet. Et comme prévu depuis quelques jours, la Grèce n'a pas versé 1,6 milliard d'euros qu'elle devait au FMI au plus tard, le 30 juin. Ce qui fait que vis-à-vis de cette institution, Athènes est en défaut de paiement.

Seul contre tous

Du coup, les pays de la zone euro se réunissent, ce 1er juillet, pour trouver une sortie honorable pour la Grèce et (surtout) pour eux-mêmes, mais dans le fond, c'est pour maintenir sa ligne dure contre le gouvernement grec et le faire plier, quitte à ce que la Grèce quitte la zone euro, ce qui est de plus en plus envisagé dans les esprits. Notamment en Allemagne, où la chancelière Angela Merkel ne lâche pas le morceau. Cela prouve combien cette partie de poker-menteur tourne à la tragi-comédie. Tragique, dans le sens où l'UE a poussé finalement à une paralysie de l'économie grecque, avec les banques qui sont fermées depuis le 29 juin. Comique, car cette même paralysie empêche les grecs d'utiliser leur argent, et au bout du compte, d'être en mesure de rembourser la dette publique, qui est en réalité une redistribution à l'envers, en faveur des ménages les plus riches, nationaux ou étrangers. On est dans un monde complètement schizophrène.

L'utilisation du référendum par Tsipras est l'issue qui pousserait à un nouveau mouvement. Encore faut-il savoir qui du "Oui" ou du "Non" l'emportera. Tsipras et son gouvernement, défendent le "Non", qui demeure majoritaire selon les derniers sondages. Néanmoins, les partisans du "Oui" semblent gagner du terrain, montrant bien le risque d'isolement que connait la Grèce version Syriza depuis janvier 2015, ainsi que les divisions internes de Syriza, l'aile gauche ne voulant pas céder un pouce sur la question de l'austérité budgétaire, qu'elle bannit de son vocabulaire.

Vociférations contre soutiens

Ce qui est assez flagrant, c'est que la "crise grecque" montre à quel point les tenants de l'orthodoxie économique sont bien relayés en France. Comme l'indique le journal Marianne, que ce soit Le Monde, Le Figaro, l'Opinion, ou encore Les Échos, les éditorialistes bien-pensants exhortent le gouvernement grec à faire voter les grecs pour le "Oui", à mener une politique d'austérité qui durant 5 ans n'a pas fait croître le Produit intérieur brut grec, ni la dette publique. Bien au contraire. Et ce n'est pas en citant les exemples irlandais, espagnols ou portugais que cela semble convainquant. C'est même illusoire.

Mais cela dit, il y a du soutien. Soutien politique, avec le Front de gauche naturellement, soutien journalistique de la part de l'hebdomadaire Politis, ou le mensuel Alternatives Économiques, qui a récemment sorti une statistique intéressante issue de la Commission européenne. En 2014, la Grèce était le pays qui dégage le plus fort excédent budgétaire primaire, ainsi que celui qui a fait le plus d'efforts en matière d'austérité. Ce qui tort le cou à une légende de la fainéantise grecque. Mais, comme je l'ai déjà écrit, ces efforts n'ont pas amélioré la croissance économique, ni permis une réduction de la dette publique grecque. Enfin, une campagne de financement participatif (crowfunding) a été lancé par un britannique, afin d'aider à financer les 1,6 milliard d'euros qui rencontre un succès surprise puisque plus de 500.000 euros ont été recensés en 3 jours.

En tout cas, d'ici le 5 juillet, la Grèce sera encore sous les projecteurs.

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