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La manif qui tourne en rond

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

Bien qu'il n'ait pas eu d'incident à relever durant le parcours autorisé par la préfecture de police, la manifestation du 23 juin laisse un goût amer pour beaucoup de manifestants, assez irrités de l'attitude des directions des syndicats sur la gestion de cette manif, selon le parcours déterminé par le gouvernement.

Elle a fait couler beaucoup d'encre, cette manifestation du 23 juin, dans Paris et dans d'autres villes françaises. Un temps interdite, sous la volonté du Premier ministre Manuel Valls, elle a provoqué des tensions avec les syndicats, pour finalement être autorisée le 22 juin par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Mais selon un parcours défini par le ministère et la préfecture de police, autour de la place de la Bastille, longeant le quai de l'Arsenal. Originellement, le cortège parisien devait aller de Bastille à la place de la Nation.

Pas d'incident pendant le défilé

Si l'habituelle bataille des chiffres a encore lieu - 20.000 selon la police, 60.000 selon les syndicats -, il est clair que le rassemblement de ce 23 juin a moins mobilisé que la manif du 14 juin, qui a fait grand bruit en raison de bris de vitrines du côté de l'hôpital Necker. Là, aucun incident durant le défilé du cortège. Il faut dire que policiers et gendarmes s'étaient davantage répartis les contrôles. Un manifestant avait au moins trois contrôles à passer, surtout s'il avait un sac, avant d'atteindre la place de la Bastille.

Néanmoins, des incidents ont eu lieu avant le défilé. Des témoins ont indiqué qu'il y a eu des interpellations, proches du tabassage, de la part des forces de l'ordre, sans que les personnes interpellées soient ces fameux "casseurs" pour qui l'excitation mutuelle avec les CRS et les gendarmes est source de violence depuis la fin du mois d'avril.

Une "mascarade"

Quand bien même l'atmosphère était chaleureuse, elle est devenue lourde chez certains, estimant avoir affaire à une "mascarade", avec une manif en mode "zoo de manifestants", où ça tourne en rond. C'est notamment du côté d'activistes de Nuit Debout que l'irritation est la plus palpable. Plus enclins à vouloir faire le parcours originel (Bastille-Nation), ils ont tenté de se rapprocher du barrage de policiers établi sur le quai de la Rapée, stationnant plusieurs minutes, avant de se résigner. Une fois rentrés place de la République, pour faire le bilan de cette journée, un fort sentiment de "frustration" a envahi les esprits, estimant qu'il ne faut plus suivre en mode mouton les directions des syndicats, qui sont allés négocier le parcours avec le gouvernement le 22 juin. Pour eux, c'est un signe de compromission, accroissant de la méfiance envers la CGT et FO en particulier.

Du coup, des appels à une manif "sauvage" dans la fin de la journée, dans le début de soirée du 23 juin, ont été lancés. Et là, les forces de l'ordre entendront bien montrer les crocs. De même que l'idée d'un cortège Nuit Debout, peut-être placé avant le cortège syndical, semble avoir de l'écho pour la manifestation du 28 juin prochain, afin d'éviter un défilé semblable à celui de ce 23 juin. Bref, la tension n'est pas totalement retombée. Elle s'est déplacée au sein des opposants au projet de loi travail. Ce qui permet au gouvernement de gagner du temps, alors que le texte entamera prochainement sa seconde lecture devant l'Assemblée nationale.

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