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Corbyn réélu haut la main à la tête du Parti travailliste

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Reuters/Rebecca Naden

Photo: Reuters/Rebecca Naden

Avec près de 62% des voix, Jeremy Corbyn reste le leader du Parti travailliste, poste qu'il occupe depuis septembre 2015. Une recomposition du shadow cabinet pourrait être à prévoir vu le fossé entre la base militante et les députés.

Le plus dur n'est pas forcément d'arriver au sommet, c'est d'y rester. Jeremy Corbyn a du méditer cette expression durant la campagne interne pour rester leader du Parti travailliste, après sa victoire fracassante l'an dernier, et qui a surpris bien des cadres du Labour, membres de l'aile droite du parti, inspirés par la ligne politique de Tony Blair. Le soulagement doit accompagner cette figure de l'aile gauche du Labour, qui ne renie pas ses références au socialisme et qui ne s'est pas gêné de s'opposer à M. Blair quand ce dernier était Premier ministre, notamment pour la guerre en Irak de 2003.

Confirmation d'une bascule

Cette nouvelle victoire de M. Corbyn confirme que les militants travaillistes aspirent à opérer une bascule à gauche, et ce de manière très certaine. En septembre 2015, le candidat de l'aile gauche gagna avec 59% des voix face à trois adversaires représentant l'aile droite (blairiste) du parti. Un an plus tard, face à Owen Smith, député de Pontypridd (Pays de Galles), le député d'Islington North (Angleterre) obtient près de 62% des voix.

Autrement dit, M. Corbyn sort renforcé d'une bataille interne sur sa ligne politique qu'il veut insuffler à son parti. Il faut dire qu'en un an, les adhésions sont record dans le parti. La barre des 650.000 militants a été atteinte. D'ailleurs, ça peut servir de leçon de ce côté-ci de la Manche car le nombre de militants dans l'ensemble des partis politiques français, en chute continue depuis des années, devient du coup inférieur à celui qui concerne le Labour. Et aussi, ça prouve que si quelqu'un a des convictions et qu'il reste cohérent, il peut arriver à convaincre des citoyens pour adhérer à un parti politique.

Fin de la récrée

La réélection de Jeremy Corbyn met fin à la récrée qui prenait des airs de guerre des tranchées au sein du Parti travailliste. Le résultat du référendum du 23 juin dernier (Brexit) a poussé les blairistes à tenter de reprendre la main sur le parti, qu'ils contrôlaient depuis le milieu des années 1990. L'avantage est que ces derniers forment la grande majorité du groupe parlementaire travailliste (Parliamentary Labour party, PLP) à la Chambre des Communes, et que ça compte dans l'élection du leader du parti. Du coup, le PLP entra en opposition avec M. Corbyn, saisissant le Brexit comme prétexte. Il faut dire que durant le référendum, le leader travailliste était dans une position délicate car il a plusieurs fois pris des positions vues comme eurosceptiques mais qu'il devait défendre l'idée du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne (UE), dans le but de la réformer de l'intérieur. Ce qui n'a pas convaincu un bon tiers des électeurs travaillistes, qui ont tenu à vouloir quitter l'UE.

Il n'empêche, Jeremy Corbyn va peut-être moduler la composition de son shadow cabinet, en tant que leader de l'opposition face au gouvernement conservateur de Theresa May, en rassemblant tout le parti, y compris son aile droite, pour préparer ce cabinet fantôme à être au pouvoir pour les prochaines élections générales, prévues pour 2020.

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