Appomattox ou la fin de la Guerre de Sécession, le 9 avril 1865

Publié le par JoSeseSeko

Appomattox ou la fin de la Guerre de Sécession, le 9 avril 1865

La Confédération, regroupant les États esclavagistes du Sud des États-Unis, perd officiellement la guerre il y a 150 ans. Le temps de l'abolition de l'esclavage et de la Reconstruction commence, mais celui du racisme, de la négrophobie, demeure encore.

Ce jeudi 9 avril 2015 correspond à un anniversaire particulier pour les États-Unis. Le 150ème anniversaire de la capitulation du général confédéré Robert Lee à Appomattox, en Virginie, devant les troupes du général unioniste Ulysses Grant. Cet événement est souvent considéré comme la fin officielle de la Guerre de Sécession, commencé 4 ans auparavant, même si des généraux sudistes comme Edmund Kirby Smith se rendirent plus tard face aux nordistes.

Cette capitulation fit suite à une série de batailles depuis mars 1865, avec le siège de Petersburg, où Lee s'était retranché avec son armée de Virginie du Nord, mais l'armée du Potomac de Philip Sheridan ne cessait de triompher, et suite à des défaites dans son camp, il quitta la ville, obligeant le président confédéré Jefferson Davis à partir de Richmond, la capitale de la Confédération, le 1er avril, évitant ainsi d'être prisonnier des nordistes, qui incendient la ville le lendemain. Le dernier espoir pour Lee était de rejoindre la Caroline du Nord et l'armée de Joseph Johnston, avec vivres et munitions. Mais le général de brigade George Armstrong Custer détruit les trains à Appomattox, piégeant dans une nasse Lee et ses hommes.

620.000 morts en 4 ans

Cette guerre reste, de nos jours, la plus meurtrière pour les États-uniens. 620.000 d'entre eux, dont 360.000 sous uniforme nordiste, périrent. Ajoutez à cela 412.200 blessés dans les deux camps, soit plus d'un million de pertes officielles. C'est bien plus que la guerre d'Indépendance, la guerre Anglo-américaine de 1812 qui s'est terminée avec la bataille de la Nouvelle-Orléans en janvier 1815, la guerre contre le Mexique, les participations aux deux guerres mondiales, les guerres du Viêtnam et d'Irak, etc. Un traumatisme humain pour les États-Unis, qui marque encore les esprits aujourd'hui.

Un traumatisme économique également puisque le Sud, basé sur l'esclavage, l'agriculture, a perdu face au Nord industriel, et a été littéralement ravagé par les "Billy Yank". Par exemple, le général William Sherman écrivit dans un rapport après le conflit, que la "guerre dure", selon ses termes (ancêtre de la "guerre totale" en 14-18), qu'il mena en 1864 contre la Confédération, la coupant en deux avec la prise d'Atlanta (Géorgie) et la "course à la mer" jusqu'à Savannah (Géorgie) aurait causé plus de 100 millions de dollars à l'époque. Ce qui correspondrait à près de 1,5 milliard de dollars de nos jours. Ce qui indique bien l'ampleur que dut réaliser la Reconstruction, sachant que les notables sudistes étaient souvent spoliés par des hommes d'affaires du Nord, surnommés les carpetbaggers, sauf s'ils collaboraient avec les vainqueurs. Ils devenaient ainsi les scalawags. Par exemple, le général James Longstreet, surnommé le "vieux cheval de guerre de Lee", en raison des services rendus dans l'armée de Lee, fut membre du parti Républicain après la guerre, défendant les candidatures de Grant à la présidence.

Une guerre industrielle

Certains historiens considèrent que la Guerre de Sécession fut la première guerre industrielle, inaugurant des procédés macabres qui seront en place durant la Première guerre mondiale, tels les tirs d'artillerie de plus en plus meurtriers, l'instauration de tranchées, ou encore des camps de prisonniers qui serviront de base pour les camps de concentration de 39-45. Une guerre industrielle car les firmes cherchent à répondre rapidement à la commande des états-majors, notamment du côté de l'armement et du textile. Ce fut également une guerre pleine d'innovations car les cuirassés et les sous-marins firent leurs premières apparitions, notamment du côté de Dixieland, afin de détruire le blocus maritime des "Blue bellies" (ventres bleus, autre surnom donné aux nordistes, en raison de leur uniforme).

D'ailleurs, l'efficacité du blocus mis en place par l'US navy fut mise en doute durant la guerre par des observateurs internationaux. Parmi eux, l'économiste et philosophe allemand Karl Marx. Il considérait que ce blocus maritime était une perte de temps et que le seul moyen pour que la Confédération capitule rapidement était de la couper en deux. Cette recommandation de la part de Marx se vit être accomplie par Sherman, avec la prise d'Atlanta, coupant le Sud en deux en septembre 1864, et facilitant la victoire finale sept mois plus tard. Si cela avait été appliqué plus tôt, est-ce que ça aurait été les boucheries d'Antietam, de Shiloh, de Fredericksburg, de Gettysburg, de Chattanooga, de la Wilderness, etc.? Peut-être, mais avec des "si", on referait toute l'histoire, depuis ses débuts.

Un racisme latent

Finalement, avec cette défaite du Sud, c'est la victoire de l'abolitionnisme, une disposition de droits civiques pour les Afro-américains, une offre de plus de liberté pour eux. Mais au Sud comme au Nord, le racisme reste présent, quoique plus marqué chez les vaincus puisque dans les premiers mois qui ont suivi la reddition de Lee, une organisation suprémaciste blanche est fondée par un ancien général "Johnny Reb" (Nathan Bedford Forrest), nommée le Ku Klux Klan. D'ailleurs, le KKK existe encore de nos jours.

Puis les Afro-américains sont des cibles de choix, notamment par la police, actuellement. La preuve, pas plus tard que le mercredi 8 avril, un automobiliste noir s'est fait abattre dans le dos par un policier blanc, du côté de la Caroline du Sud, un ancien État sécessionniste d'ailleurs. Un nouveau meurtre, comme durant l'été 2014 du côté de Ferguson dans le Missouri, ou du côté de New-York, de Cleveland (Ohio) qui rappelle aux noirs combien ils connaissent le slogan "Police partout, justice nulle part".

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article