Quiberon ou la résistance républicaine

Publié le par JoSeseSeko

Quiberon ou la résistance républicaine

Les armées de la République française, victorieuses à l'Est, avaient encore fort à faire à l'Ouest, avec la chouannerie, appuyée par les émigrés et l'armée anglaise, notamment du côté de Quiberon (Morbihan), où le général Lazare Hoche leur infligea une grave défaite, il y a 220 ans.

En ce 21 juillet 2015 (ou 3 Thermidor an CCXXIII), il est bon de revoir un peu d'histoire de la Révolution française, en particulier avec la Chouannerie, un mouvement semblable à celui qui fut mené en Vendée, avec une moindre importance au niveau des effectifs toutefois. Mais ce fut la preuve qu'à l'Ouest de la France républicaine, la rébellion restait vivace, malgré l'écrasement de la Vendée à Savenay puis l'utilisation monstrueuse des colonnes infernales sous la direction du général Louis-Marie Turreau. En outre, plusieurs changements de généraux eurent lieu en 1794-1795 et certains commandants à l'Ouest comme le général Thomas-Alexandre Dumas critiquaient l'action gouvernementale, recommandant une fusion des armées présentes en Bretagne, Normandie et Vendée et une pacification en douceur de la zone.

Renflammer le front Ouest

Toujours est-il que cette valse de généraux favorisait finalement les chouans, qui commençaient tout de même à grossir leurs rangs, en plus de l'appui des émigrés réfugiés en Angleterre, pays membre de la 1ère Coalition contre la France. Un appui intéressé car les anglais et les émigrés tenaient à renflammer l'Ouest de la France car la 1ère Coalition battait de l'aile. Les Provinces-unies, envahies par l'armée du Nord, furent transformées en République batave, alliée à la France; l'Espagne, menacée d'être envahie par l'armée des Pyrénées, était entrain de traiter avec la France (perdant la partie orientale de l'île de Saint-Domingue) à Bâle (traité signé le 22 juillet, le lendemain de la bataille de Quiberon); puis la Prusse se retira de la coalition, abandonnant à la France républicaine tous les territoires qu'elle possédait sur la rive gauche du Rhin (confirmant la politique des "frontières naturelles").

Bref, il fallait frapper vite et fort pour dégarnir les troupes françaises présentes sur d'autres fronts (Alpes, Rhin, Pyrénées), et soulager les autres coalisés. D'où un débarquement à Quiberon, et le stationnement de la flotte anglaise dans la baie de Quiberon.

Prise de la presqu'île

L'armée républicaine, commandée par Hoche, jeune général (27 ans au moment de la bataille), talentueux et expérimenté avec des victoires comme Wissembourg fin 1793, décida d'attaquer la presqu'île de Quiberon, tenue par les chouans, les émigrés et la flotte anglaise, dans la nuit du 19 au 20 juillet. Cette décision fut motivée par le fait que le fort de Penthièvre, qui sécurisait la presqu'île, était certes tenus par les royalistes (chouans plus émigrés), mais que nombre de soldats républicains enrôlés de force dans les rangs adverses pourraient de nouveau se rallier aux troupes de Hoche, suite à un rapport fait par trois soldats déserteurs du fort, préparant ainsi l'opération.

Dans un premier temps, cela ne se passait pas comme prévu. Les troupes républicaines montées à l'assaut du fort furent canardées par les royalistes et Hoche se demanda si les déserteurs n'eurent pas convaincu leurs camarades et que les troupes qu'il envoya à la droite du fort eurent failli dans leur mission. Néanmoins, l'adjudant-général Jacques Mesnage parvint à faire entrer ses hommes dans le fort et les républicains enrôlés par les royalistes se rallièrent à lui, abattant les défenseurs royalistes restants. Du coup, le fort étant sous pavillon républicain, Hoche put avancer inexorablement sur les royalistes et les chouans, obligés de rembarquer dans les navires anglais s'ils ne voulaient pas se faire tuer.

Succès républicain incomplet

La victoire pour Hoche est imparable. 250 royalistes furent tués sur le champ de bataille plus près de 6.000 prisonniers, contre 20 morts et 300 blessés maximum du côté des républicains. Parmi les prisonniers, plusieurs centaines de nobles furent comptabilisés et dans les jours qui suivirent, 748 d'entre eux (627 émigrés, 121 chouans) furent fusillés. Malgré le fait que cette victoire annihile le grossissement d'un front royaliste en Bretagne, avec des troupes anglaises en renfort sans doute, la chouannerie n'en fut pas non plus éradiquée complètement puisque des leaders chouans comme Georges Cadoudal continuaient à sévir dans la région. Néanmoins, cette victoire permit à Hoche et aux républicains de mieux encadrer la Bretagne, afin de pouvoir ensuite la pacifier.

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