Un appel à la fin de l'état d'urgence

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

Pour montrer leur désapprobation, des citoyens ont marché jusqu'au niveau du Conseil d'État, qui a récemment exprimé son avis favorable pour prolonger l'état d'urgence, comme l'envisage le pouvoir exécutif ces derniers temps.

Samedi 30 janvier, une journée de manifestations contre l'état d'urgence et la déchéance de nationalité fut lancée sur l'ensemble du territoire français. Bien évidemment, l'attention médiatique porte sur le cortège qui s'est déplacé à Paris, de la place de la République au Palais-Royal, au niveau du Conseil d'État. On peut estimer que 10.000 personnes ont battu le pavé, sous la pluie, à l'invitation de diverses associations (Ligue des droits de l'homme, MRAP, Attac, Mafed...), syndicats (CGT, CNT, Syndicat de la magistrature, SUD, FSU, etc.) et partis politiques (Front de gauche, Europe écologie-les Verts, Nouveau parti anticapitaliste, Alternative libertaire, etc.).

Avertissement envers le pouvoir

Au vu des conditions météo sur Paris, cette manif semble avoir marché. En tout cas, c'est un avertissement envoyé au gouvernement, dont le Premier ministre Manuel Valls avait indiqué sur la chaîne britannique BBC que l'État d'urgence, qui permet d'orienter les esprits ailleurs et de verrouiller légalement l'espace public, pourrait de nouveau être prolongé, jusqu'à "la fin de l'État islamique", selon certains observateurs.

Mais ce n'est pas le seul motif des manifestants. Ces derniers sont très remontés sur la question de la déchéance de nationalité, dont le président François Hollande en fait un axe de la réforme constitutionnelle qu'il veut faire adopter dans les prochains jours, en plus de la prolongation de l'État d'urgence. Or, cette extension en négociation peut être vue comme un but contre son camp de la part du président, répondant à une logique électoraliste en vue de l'élection présidentielle de 2017. Et avec la récente démission de Christiane Taubira du ministère de la Justice, où elle fut si décriée durant près de quatre ans, le combat politique se déplace désormais dans la rue, là où il restait encore confiné dans les couloirs des ministères ou du Parlement. Mais est-ce que ça suscitera des réactions nuancées de la part du gouvernement? Pas sûr. Il semble bien lancé pour aller dans cette logique sécuritaire, que certains feraient rimer avec "mortifère".

Opération rachat à gauche

Certains partis politiques présents à la manif ont eu une occasion de se racheter, quelque part, notamment du côté du Front de gauche (FG). La coalition de gauche radicale, composée principalement du Parti communiste, du Parti de gauche, d'Ensemble!, a irrité certains citoyens qui sont sensibles à ses idées car en novembre dernier, aucun parlementaire issu du FG n'a voté contre l'État d'urgence. Dans le détail, tous les députés ont voté pour et la majorité des sénateurs s'est abstenue. Du côté d'EELV, c'est plus complexe. Sur les 18 députés, 15 ont voté pour mais les trois autres ont carrément voté contre. Au Sénat, la sénatrice Esther Benbassa s'est abstenue, le restant votant pour. Et pourtant, les écolos furent les victimes collatérales de l'État d'urgence, avec le carcan autour de la COP21, les assignations à résidences ou arrestations de militants écologistes.

Est-ce que ces blocs, à la gauche du Parti socialiste, oseront cette fois voter largement contre les projets gouvernementaux (État d'urgence, déchéance de nationalité), et ainsi être cohérents par rapport à cette participation à la manif du 30 janvier? Cela n'est pas une grande certitude, tellement la gauche (radicale) française a vécu une année 2015 catastrophique, terminée par la branlée historique aux élections régionales, avec une chute du nombre de conseillers régionaux élus.

Toujours est-il que la prorogation de l'État d'urgence et l'extension de la déchéance de nationalité ont du mal pour une partie de l'opinion publique.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article