Ralliement du PC vers Mélenchon à l'horizon?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

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La dernière sortie du secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, laisse entendre que le PC soutiendrait Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, en cas de vote favorable des militants, prévu fin novembre. C'est dire si ça prend son temps.

"Tout ça pour ça" doivent s'exclamer nombre de militants communistes, à l'heure où le Parti communiste français (PCF) se réunit dans une conférence nationale, ce samedi 5 novembre. Ce ressentiment fait suite à la proposition de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, sur la stratégie à suivre pour l'élection présidentielle: soit soutenir Jean-Luc Mélenchon et son mouvement, la France insoumise, auquel est déjà greffé le Parti de gauche que Mélenchon a fondé en 2008; soit organiser une candidature communiste à proprement parler. Ce qui signifierait faire moins de six mois de campagne, car les militants seront appelés à voter la stratégie du parti à la fin du mois de novembre.

Secret de polichinelle?

Cette prise de position de Laurent semble mettre fin à un secret de polichinelle. Au fond, l'idée d'une candidature communiste "n'est pas l'option que je privilégie", confesse le meneur du PC. C'est donc un appel du pied que lance le parti à destination du tribun de la France insoumise, en dépit de toutes les bisbilles que les deux hommes et leur garde rapprochée respective se sont lancés à plusieurs reprises ces derniers mois.

Il faut dire que la candidature de Mélenchon, dès février 2016, avait surpris les dirigeants communistes, accentuant des tensions déjà très vives entre le PC de Laurent et le PG de Mélenchon, tous deux membres du Front de gauche (FG). Notamment sur l'attitude à avoir face au Parti socialiste (PS) actuellement au pouvoir avec le président François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls. Mais vu les intentions de vote pour Mélenchon en avril prochain, qui pourrait faire perdre au PS son hégémonie à gauche, une première depuis 1978, un dilemme s'organisait autour du PCF. Soit rassembler le plus largement possible, avec l'aile gauche du PS, quitte à être vu comme la cinquième roue du carrosse socialiste; soit soutenir Mélenchon, quitte à se couvrir de ridicule vu le temps perdu avant de choisir cette option.

Négociations ardues à prévoir

Même si l'option Mélenchon serait validée par les militants, rien ne sera réglé pour autant. D'un côté, des élus communistes pourraient bien refuser d'accorder leurs parrainages à l'ancien socialiste, à qui il doit manquer environ 250 parrainages sur les 500 nécessaires pour être officiellement candidat à la présidentielle. En souvenir des tensions passées entre les deux alliés. De l'autre côté, Mélenchon voudra bien soumettre au PC des candidats de la France insoumise aux élections législatives de juin 2017, là où ils auraient des chances d'être élus députés, quitte à ce que ce soient des circonscriptions où le PCF a une position importante. Et ce, d'autant plus que le cofondateur du PG garde en mémoire les législatives de 2012, où le PC composait 70% des candidatures du FG à cette époque.

Reconstruction du Front de gauche?

Si le ralliement des communistes auprès de la France insoumise se concrétise, cela peut signifier une reconstruction du Front de gauche. Cette coalition de gauche radicale, regroupant le PC, le PG, le parti Ensemble! et d'autres organisations politiques, née en 2009, avait connu une montée en puissance jusqu'à l'élection présidentielle de 2012, avec comme candidat... Jean-Luc Mélenchon, réalisant 11,1% des voix. Ce score à deux chiffres pour un candidat à la gauche du PS était une première depuis George Marchais en 1981!

Mais il faut croire que ça n'a été bien digéré, bien fructifié, dans la mesure où les bisbilles se sont multipliées depuis, notamment lors des élections municipales de 2014, où une cacophonie s'est affirmée dans le FG, le rendant inaudible auprès des citoyens-électeurs. Et la candidature de Mélenchon aurait accéléré la fin de cette coalition, bien que plusieurs militants et élus estiment qu'il faut "rallumer l'étincelle du Front de gauche" (cf lien n°5). Toujours est-il qu'il faudra du temps pour apaiser des esprits bien échaudés ces derniers temps.

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