Ambassade états-unienne à Jérusalem? Trump donne son feu vert

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Political Office

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En annonçant sa décision de déplacer l'ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, pour la faire reconnaitre comme capitale de l'État israélien, Donald Trump prend ouvertement parti-pris pour Israël, tout en affirmant dans son discours vouloir pousser à un accord de paix entre israéliens et palestiniens. De quoi alimenter des tensions historiquement fortes.

"Mon annonce aujourd'hui marque le début d'une nouvelle approche du conflit entre Israël et les Palestiniens" déclare Donald Trump dans son communiqué de presse (cf lien n°1), ce mercredi 6 décembre. Une approche pour le moins dangereuse et faisant clairement un doigt d'honneur à la communauté internationale avec la décision de déplacer l'ambassade des États-Unis de Tel-Aviv, reconnue par l'Organisation des nations unies (ONU) comme capitale d'Israël, à Jérusalem, que le pouvoir israélien souhaite faire reconnaître comme capitale de l'État hébreu depuis des années.

Revanche intérieure

Cette décision était inscrite dans sa campagne électorale de 2016, puis préparée avec la nomination de David Friedman, défenseur de la politique de colonisation menée par le gouvernement de Benyamin Netanyahou depuis plusieurs années en Palestine, au poste d'ambassadeur des États-Unis en Israël. Mais elle résonne comme une revanche intérieure pour Trump car l'an dernier, sur la fin du mandat de Barack Obama, les États-Unis s'étaient abstenus sur une résolution de l'ONU exigeant l'arrêt de la colonisation israélienne, ce qui a profondément agacé Netanyahou et ses alliés de l'extrême-droite israélienne.

De quoi donner des ailes au pouvoir israélien, qui sent qu'avoir Trump à ses côtés est un signe d'assurance que les États-Unis laisseront faire. D'autant plus que Trump ose dire, selon le communiqué, que ce refus de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël n'aurait pas aidé à trouver un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens sur les deux dernières décennies et qu'en dépit de ce déplacement d'ambassade, il est optimiste pour qu'il y ait l'existence de deux États - l'un israélien, l'autre palestinien -, sans indiquer quelles frontières faudrait-il appliquer, sachant qu'Israël viole les frontières de 1967, décidées par l'ONU, à l'issue de la guerre des Six jours.

Indignation hypocrite de Macron

Face à cette annonce d'outre-Atlantique, les réactions commencent à venir. Dans un sens critique, indigné mais pas non plus en opposition radicale car ça tient à garder de bonnes relations avec Washington, malgré une attitude cavalière envers le droit international. Par exemple, le président français Emmanuel Macron juge "regrettable" la décision de son homologue états-unien et appelle aussitôt au dialogue (cf lien n°2). Une posture de faux-jeton qui tend à devenir habituelle de la part du locataire de l'Élysée.

En effet, en juin dernier, le locataire de la Maison-Blanche avait lancé un doigt d'honneur au monde en annonçant le retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, signé en décembre 2015. Et Macron s'était mis dans la posture d'un homme indigné, comme tant d'autres dirigeants occidentaux faux-culs, faisant du lyrisme pour les nuls avec son slogan en anglais "Make our planet great again". Mais quelques semaines plus tard, à l'occasion du 14 juillet, Macron déroule le tapis rouge pour Trump, en raison du centenaire de l'intervention états-unienne durant la première guerre mondiale. D'aucuns diront qu'il fallait respecter l'histoire. Mais c'est au mépris du respect de l'engagement environnemental.

En tout cas, ça prouve combien le court-termisme et la ligne diplomatique atlantiste de la France la rendent de plus en plus soumise ces dernières années. Et avec Macron, ça risque d'empirer!

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