Une défaite amère pour le XV de France

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Twitter/L'Équipe

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Battu d'un point par le Pays de Galles, la France quitte la Coupe du monde avec un sentiment de frustration, de faillite mentale, collective, et de doute pour l'avenir, notamment pour la prochaine Coupe du monde qui aura lieu en France, en 2023.

Autant, l'objectif est rempli, autant il y avait la place pour continuer l'aventure au Japon. Voilà ce qui me vient à l'esprit, et je suis sûr de ne pas être le seul à le penser, à propos du parcours du XV de France dans cette Coupe du monde au Japon, à l'issue de cette courte défaite face au Pays de Galles 19 à 20, ce dimanche 20 octobre. Mais ça illustre quelque part ce qu'est le XV de France sur l'ensemble de la décennie 2010 - la pire de son histoire d'après-guerre -. Un groupe capable de réaliser de belles choses mais trop inconstant (physiquement, mentalement) pour arriver à gagner.

Symbole

Et pour appuyer mon propos, autant prendre ce qui s'est passé. Les 20-30 premières minutes globalement maîtrisées, permettant aux Bleus de mener à la pause 19-10. Mais une liquéfaction progressive, voire du pétage de plombs. Sébastien Vahaamahina en est le parfait symbole. Le deuxième-ligne français fait un très bon début de match, marquant d'ailleurs le premier essai de la rencontre au bout de cinq minutes de jeu. Ensuite, il manque de lucidité, donnant une pénalité aux gallois suite à un plaquage haut durant la première période et puis, à la 49e minute, son coup de coude durant un maul français à cinq mètres de la ligne d'en-but envers le Gallois Aaron Wainwright fut sanctionné d'un carton rouge incontestable tant ce geste est crétin. C'est le tournant du match! Passer 31 minutes à 14 contre 15 gallois retrouvant de la motivation, c'est pas possible. Alors, certes, d'aucun(e)s reviendront sur l'essai de la victoire galloise où l'arbitre n'a pas sifflé un en-avant gallois suite à un ballon arraché alors qu'il était dans les mains de Charles Ollivon; ou que les cinq points au pied perdus (une transformation, une pénalité), car Romain Ntamack touche le poteau, coûtent le match. En fait, c'est tout un ensemble de détails qui font basculer la rencontre en faveur de bien pâles gallois. Oui, les Gallois n'ont pas mérité de gagner ce match! Les Français avaient réussi à faire déjouer le XV du Poireau sur ses points ports, en l'occurrence une défense agressive, de la densité physique et sur le jeu au pied.

Maigres motifs d'espoir

Face à cet échec, y a-t-il des motifs d'espoirs, dans l'optique de la Coupe du monde 2023 qui aura lieu en France? Oui, mais c'est maigre. Déjà, Jacques Brunel, ou plutôt son adjoint et sucesseur à la tête des bleus Fabien Galthié, a mis une charnière Antoine Dupont-Romain Ntamack jeune et prometteuse pour l'avenir, d'autant plus qu'ils jouent dans le même club (Stade Toulousain) et que par conséquent, les automatismes seront plus faciles, même si Ntamack joue davantage comme 3/4 centre que comme demi d'ouverture, alors que c'est son poste de formation. Ensuite, Virimi Vakatawa, appelé à la dernière minute, a fait une bonne Coupe du monde, notamment lors de ce quart de finale où il a été énorme au poste de 3/4 centre, formant d'ailleurs une belle paire avec Gaël Fickou. Ce qui ne semblait pas évident au début de la Coupe du monde. Je peux encore citer le troisième-ligne Ollivon, revenu de plusieurs mois de blessures, brillant de mille feux durant la compétition, à travers son match contre le Pays de Galles avec du travail sur les zones de ruck et son apport offensif, avec un essai comme cerise sur le gâteau. Camille Chat donne des signes de progression pour prendre le relais de Guilhem Guirado au talonnage, étant donné que le capitaine malheureux va prendre sa retraite internationale. Damian Penaud confirmant qu'il est un 3/4 aile capable de peser sur un match comme lorsqu'il a fait contre l'Argentine en phase de poules.

Enfin bon, il va falloir compenser des départs à la retraite (Guirado, Maxime Médard, Louis Picamoles, peut-être Yoann Huget, etc.), des remplacements de joueurs défaillants (Vahaamahina, Wenceslas Lauret, Rabah Slimani, Paul Gabrillagues, etc.) avec des absents qui n'ont pas forcément eu tort (François Cros, Félix Lambey, Sekou Macalou, etc.). De même qu'en-dehors d'une ligne défensive agressive, il serait bon de tenir un plan de jeu cohérent et régulier, avec une utilisation du jeu au pied, chose rarissime dans un rugby français traditionnellement marqué par le jeu à la main, pourtant efficace quand les bleus s'y mettent. De même qu'une gestion des joueurs plus claire serait pour le moins appropriée, vu comment Brunel et son staff ont piteusement géré la blessure de l'arrière Thomas Ramos face aux États-Unis, le renvoyant en France où 10 jours plus tard, il joue avec son club du Stade Toulousain.

Si, au niveau comptable, le XV de France s'arrête en 1/4 de finale comme en 2015, il n'en demeure pas moins qu'on est passé d'une humiliation en mondiovision face aux Néo-zélandais à une frustration face aux Gallois. Reste à Galthié de transformer cette nouvelle désillusion en future victoire dans quatre ans, à travers des résultats dans les prochains Tournois des Six nations par exemple.

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