Nouvelles restrictions ou reconfinement localisé et déguisé?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Capture d'écran

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Dans sa conférence de presse du 23 septembre, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé des restrictions supplémentaires dans la majeure partie des départements français, notamment dans les plus grandes villes, avec une attention encore plus sévère pour Marseille et le département de la Guadeloupe, où les bars et restaurants seront totalement fermés.

S'il ne s'agit pas d'un reconfinement localisé, ça y prend les contours de manière déguisée. La conférence de presse du ministre de la Santé, Olivier Séran, laisse entendre que l'épidémie de Coronavirus a repris de plus belle en France ces dernières semaines et que des restrictions sont à mettre en œuvre dans les grandes villes en "niveau d'alerte renforcée", en espérant éviter à devoir remettre l'état d'urgence sanitaire (cf lien n°1), comme au printemps dernier, où les services hospitaliers étaient débordés, manquant de places, notamment dans les services de réanimation. Et ce, quand bien même si le taux de reproduction du virus, le taux R, est légèrement au-dessus de 1 d'après les propos du ministre, contrairement au printemps dernier, où c'était bien au-dessus de 3.

Marseille et les autres

Les grandes villes (Paris, Lille, Bordeaux, Lyon, Strasbourg, Rennes, etc.) et leur agglomération sont dans la zone dite "d'alerte renforcée", où parmi les décisions prises figurent une fermeture des bars et restaurants à partir de 22h, ainsi qu'une réduction de la jauge d'accueil de personnes pour des événements sportifs - pensez matchs de foot de Ligue 1 -, passant de 5.000 à 1.000 personnes. De quoi poser problème pour les finances des clubs, sans oublier le fait que du côté de Paris, le tournoi de Tennis de Roland-Garros commencera dimanche 27 septembre et qu'il devrait être concerné par la mesure de restriction du nombre de personnes autorisées. Mais cela sera décidé à l'issue d'une concertation entre la préfecture de Police de Paris et les élus, selon le ministre.

Une grande ville et son agglomération font exception, aux côtés du département de la Guadeloupe. En l'occurrence, Marseille. Et là, la cité phocéenne est considérée comme en "alerte maximale". Ce qui signifie que les bars et restaurants seront totalement fermés durant au moins 15 jours, de même que les matchs prévus au stade Vélodrome seront à huis clos durant cette période, si cela n'est pas prolongé (cf lien n°2). De quoi susciter le courroux de Renaud Muselier, président de la région Sud (ex-Provence Alpes Côte d'Azur), et de Michèle Rubirola, maire de Marseille, estimant subir une punition collective depuis le pouvoir central (Paris) ou ne pas avoir été consulté à ce sujet.

Gestion à la va-vite

Ce qui est quand même assez déroutant dans cette histoire, c'est de voir la classe politique fait une gestion à la va-vite, avec la tentation d'un reconfinement qui risque d'aggraver les tensions économiques et sociales liées à des contradictions pour le moins manifestes de la part du pouvoir. Dans le cas français, ce même 23 septembre, la ministre des Armées, Florence Parly, a avoué devant la Commission d'enquête du Sénat que les militaires de la base aérienne de Creil, chargée de rapatrier les ressortissants français de Wuhan, point de départ de l'épidémie en début d'année, n'avaient pas été testés au sujet de la présence du virus dans leurs corps ou non (cf lien n°3). Or, en mars dernier, la ministre affirmait le contraire sur France 2 et que Creil était le premier foyer de l'épidémie de Coronavirus en France. Ce qui nous oblige à nous souvenir du mensonge d'Agnès Buzyn, qui affirmait en janvier que le risque de présence de l'épidémie en France était "quasiment nul" avant d'affirmer, mi-mars, que "la vague du tsunami était devant nous" dès janvier, alertant Édouard Philippe, alors Premier ministre, puis Emmanuel Macron, président de la République, à ce sujet.

Mais cette situation n'est pas propre à la France. Dans d'autres pays développés, un scénario de reconfinement improvisé se met en place. C'est déjà le cas en Israël, où le pays est de nouveau confiné jusqu'à la fin du mois, pour éviter des rassemblements durant les fêtes religieuses prévues fin septembre, et tout particulièrement Yom Kippour (le Grand pardon). Au Royaume-Uni, une trajectoire parallèle à celle de la France se profile également, avec le gouvernement de Boris Johnson tenant à faire des mesures plus restrictives - confinement déguisé -, mais les conseillers scientifiques britanniques estiment que ce qu'a prévu Johnson serait insuffisant pour enrayer la dynamique de recrudescence du Coronavirus outre-Manche. Ce qui permet de souligner, au final, que le virus continue à afficher un rythme de plus de 200.000 contaminations par jour dans le monde depuis juillet, que la barre du million de morts pourrait être prochainement atteinte, sachant que le pays le touché par la pandémie, à savoir les États-Unis, a déjà dépassé la barre des 200.000 morts, selon les données officielles recoupées par l'université John Hopkins.

De quoi rappeler combien le Coronavirus n'a pas pris de vacances durant l'été!

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