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Photo: Flickr/IAEA Imagebank

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L'idée d'une dissolution de l'Assemblée nationale par Macron, vu l'absence de majorité absolue de son camp, obligé de composer avec les diverses oppositions (de droite), s'impose de plus en plus dans les têtes. Encore faut-il s'assurer d'obtenir une véritable majorité, face à un ressentiment vif à l'égard du locataire de l'Élysée.

"J'ai décidé de dissoudre l'Assemblée nationale". Cette phrase n'a plus été prononcée par un président de la République depuis Jacques Chirac en 1997. Un quart de siècle plus tard, il se peut que les citoyen(ne)s français(es) l'entendent de la bouche d'Emmanuel Macron, qui appliquerait alors l'article 12 de la Constitution qui permet au président de la République de prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale. Du moins, c'est ce qui est raconté dans le Journal du dimanche (JDD), où l'idée de la dissolution fait son chemin au sein du pouvoir exécutif et du parti présidentiel Renaissance, où la direction du parti se déclare prête à agir en ce sens et se met dans les starting-blocks (cf lien n°1).

Abus de 49.3

Mais dans quel contexte s'inscrirait cette dissolution, ébruitée dans la presse mainstream? C'est celui d'une rentrée parlementaire houleuse pour le pouvoir exécutif puisque la Première ministre Élisabeth Borne a dû recourir à quatre reprises à l'article 49.3 de la Constitution, engageant la responsabilité du gouvernement dans un texte de loi où il n'est pas assuré d'avoir la majorité absolue au moment du vote par l'Assemblée nationale. Ces quatre utilisations du 49.3 ont été sur le Projet de loi de finances de 2023 et le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale de 2023. Conduisant d'ailleurs à des motions de censure déposées par la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) ou du moins sa principale composante à l'Assemblée nationale qui est la France insoumise (FI).

Ces abus de 49.3 - dangereux pour la santé démocratique, soit dit en passant - confirment combien la nouvelle législature, issue des élections législatives de juin dernier, oblige le gouvernement à devoir trouver une majorité au cas par cas, notamment auprès des partis Les républicains (LR) et le Rassemblement national (RN). Mais sur les questions budgétaires, la majorité relative n'a pas su convaincre. Et en fait, Renaissance et ses alliés (Horizons et Modem) dépendent de LR qui a refusé systématiquement de voter les motions de censure déposées par la Nupes car le parti de droite a une peur panique d'une dissolution qui le marginaliserait davantage, passant en-dessous des 60 sièges que ce parti occupe à présent. Quant au RN, il a joué finement sa stratégie en votant les motions de censure déposées par la Nupes, afin de semer la zizanie dans la coalition de gauche avec efficacité, vu notamment les bisbilles entre la FI et le Parti communiste (PC) ou entre la FI et le Parti socialiste (PS) (cf lien n°2). Du moins, jusqu'à ce qu'un député RN - Grégoire de Fournas, un nom suintant l'Ancien régime -, se lance dans une pique négrophobe dans le Palais Bourbon durant une question au gouvernement du député FI (Nupes) Carlos Martens Bilongo. Ce qui permet de rappeler, pour qui en doutait encore, que le parti d'extrême-droite, qui a intronisé Jordan Bardella à sa tête, samedi 5 novembre, n'a aucunement oublié ses fondamentaux racistes.

Retour de bâton?

Toujours est-il que depuis le début de la nouvelle législature, il semblait évident qu'une dissolution de l'Assemblée nationale pourrait se produire. Reste à savoir quand Macron prendra cette décision. Au moment des fêtes de fin d'année? Début 2023? Cela n'est pas décidé. En tout cas, l'objectif de Macron est de pouvoir disposer d'une majorité absolue, comme ce fut le cas entre 2017 et 2022. Et c'est là que la dissolution est une lame à double tranchant. Quand Chirac l'utilisa en 1997, il disposait pourtant d'une majorité absolue au Palais Bourbon et en retour de bâton, il dût faire face à une cohabitation avec le socialiste Lionel Jospin. Ce dont, à court terme, les Guignols de l'info s'en donnèrent à cœur joie - quel con! ^^ -; mais qui, à moyen terme, servit la réélection de Chirac en 2002. Macron n'est pas à l'abri d'une situation équivalente.

Charge aux oppositions, en particulier à la Nupes et ses différentes composantes - FI, PC, PS, Europe Écologie les Verts -, de se montrer convaincantes auprès d'un électorat qui sera plus tenté par l'abstention, surtout du côté des prolétaires, illustrant le cens caché du vote de nos jours, sur le bien-fondé économique de son programme qui se veut en rupture avec le néolibéralisme (cf lien n°3); et de souligner que le pouvoir, avec les oppositions de droite et d'extrême-droite, tient seulement à provisoirement soulager le portefeuille des citoyen(ne)s avec des primes ou des chèques énergétiques, votant contre toute tentative d'augmentation générale et pérenne des salaires et refusant une indexation des salaires sur l'inflation, que les députés de la Nupes portent ces derniers mois.

Tag(s) : #Politique, #Europe, #France, #Gouvernement, #Macron, #Dissolution, #Renaissance, #NUPES, #RN, #Économie
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