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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


En France, on protège un politicien. Au Royaume-Uni, on le condamne

Publié par JoSeseSeko sur 16 Juin 2023, 09:21am

Catégories : #Politique, #Europe, #Gouvernement, #France, #Royaume-Uni, #Schiappa, #Johnson, #Justice

En France, on protège un politicien. Au Royaume-Uni, on le condamne

La superposition entre l'affaire du fonds Marianne, dans laquelle la ministre Marlène Schiappa est engluée, et le Partygate concernant l'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson, montrent combien de part et d'autre de la Manche, les politiciens n'agissent pas forcément de la même manière quand ils sont visés par une enquête.

En matière de séparation, ou du moins d'équilibre des pouvoirs, le Royaume-Uni fournit une nouvelle leçon que la France n'a pas apprise. Il suffit de voir d'une part l'affaire du fonds Marianne et le rôle de Marlène Schiappa dans cette histoire de détournement d'argent public; puis d'autre part le scandale autour de soirées de la part de Boris Johnson lors du premier confinement, au printemps 2020.

Une fausse ignorante

Mais le fonds Marianne, késaco? C'est un fonds public destiné à financer des associations promouvant les "valeurs de la République", lancé en 2021 par Marlène Schiappa, alors ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, quelques mois après l'assassinat du professeur d'histoire-géographie Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine. Sur les 2,5 millions d'euros du fonds, géré par le préfet Christian Gravel, dirigeant le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, environ la moitié a bénéficié à quatre associations selon une enquête de France 2 et de Marianne (cf lien n°1), dont une dans laquelle se trouve Mohamed Sifaoui, un "expert" - traduction: chien de garde - connu pour vociférer contre les "islamo-gauchistes". Et selon cette enquête, Sifaoui a été grassement rémunéré et le travail effectué par l'association dans le cadre du fonds Marianne est pour le moins faible. Mais ce n'est pas mieux ailleurs. Selon une enquête de Mediapart (cf lien n°2), une autre association bénéficiaire faisait ni plus ni moins que de la propagande électoraliste lors de l'élection présidentielle de 2022, s'en prenant tout particulièrement à Jean-Luc Mélenchon, candidat pour la France insoumise.

Face à ce qu'il faut appeler un détournement de fonds publics, avec un traitement privilégié pour l'association de Sifaoui selon un rapport de l'Inspection générale de l'administration (cf lien n°3), plus des perquisitions aux domiciles de Gravel et de Sifaoui, il faut bien que le législateur s'y penche profondément. C'est ce qu'a fait le Sénat à travers une commission d'enquête, interrogeant notamment Schiappa. Désormais secrétaire d'État chargée de l'économie sociale et solidaire et de la vie associative, son audition devant les sénateurs n'a pas convaincu grand monde, jouant la personne ignorante et se défaussant sur son administration (cf lien n°4). Est-ce qu'il y a de quoi la pousser à démissionner du gouvernement (cf vidéo)? Ce serait purement logique si on était dans une véritable république démocratique. Mais la France de la Ve République est une a-démocratie - ou une démocrature, c'est selon -, où les ministres peuvent trainer des casseroles - coucou Gérald Darmanin (Intérieur), coucou Éric Dupont-Moretti (Justice), etc. - et rester en poste car protégés par le pouvoir présidentiel.

Un démissionnaire revanchard

Outre-Manche, ce n'est pas ainsi que les choses se passent. Boris Johnson en sait quelque chose. Il dût démissionner de son poste de Premier ministre en juillet 2022, en raison de la multiplication des affaires le concernant ou concernant certains de ses partisans, comme Christopher Pincher, accusé d'agression sexuelle qui démissionna du gouvernement de l'époque, tout en restant député. Mais ces derniers temps, une autre affaire a rattrapé l'ancien Premier ministre conservateur. En l'occurrence, le Partygate. À savoir des soirées organisées par Johnson au 10 Downing Street - lieu de résidence du Premier ministre -, durant les confinements du printemps 2020 et de l'hiver 2021, et où les règles de distanciation sociale ont été bottées en touche. Un scandale auprès des citoyens britanniques qui furent imposés de respecter ces règles en question.

Et le rapport de la chambre des Communes, rendu public jeudi 15 juin, condamne BoJo - surnom de Johnson - à une suspension de 90 jours d'activité parlementaire. Mais comme il a démissionné peu de jours auparavant, c'est une décision caduque. Néanmoins, pour la première fois, un ancien Premier ministre est reconnu coupable d'avoir "trompé la chambre des Communes" durant son exercice du pouvoir (cf lien n°5). En réponse, Johnson affirme que le rapport ne fournit aucune preuve des accusations dont il fait l'objet et parle "d'assassinat politique", de "chasse aux sorcières", sur fond de lutte interne au sein du parti conservateur, où Johnson compte nombre de partisans face à ceux de l'actuel Premier ministre Rishi Sunak (cf lien n°6). Et ce, d'autant plus que l'ancien Premier ministre aimerait bien retourner au 10 Downing Street. Mais cette condamnation fait office de caillou dans sa chaussure.

Mais Albion nous montre quand même qu'elle ne rigole pas quand il s'agit de contrôler la classe politique.

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