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L'aile gauche du PS invitée à partir

Publié le par JoSeseSeko

Photo: MEHDI FEDOUACH / AFP

Photo: MEHDI FEDOUACH / AFP

Après le vote des motions, du choix du Premier secrétaire et du congrès de Poitiers, les membres de l'aile gauche du Parti socialiste ont deux choix à faire. Garder leurs convictions et se retrouver à devoir quitter le parti, ou bien y rester et faire la politique de l'autruche, en se reniant en permanence.

"Vont-ils franchir le Rubicon?" Voilà la question qui se pose auprès de l'aile gauche du Parti socialiste au pouvoir, et notamment avec les "frondeurs", qui ont tenté de peser au moment du vote des motions du PS il y a quelques semaines, en vain, car la motion menée par Jean-Christophe Cambadélis, pro-gouvernement Valls, est majoritaire. Beaucoup de titres de presse estiment que la fronde a signé son arrêt de mort avec cette défaite interne au PS et par conséquent, la question du départ du parti hante les esprits de Christian Paul, Benoît Hamon, Gérard Filoche et d'autres cadres de l'aile gauche, face à des thermidoriens bien installés à Solférino.

Appels du pied

Et il faut dire que certains frondeurs se montrent insistants à l'idée de quitter le parti. Liêm Hoang-Ngoc, économiste, ancien eurodéputé socialiste et cadre de l'aile gauche du parti, appelle ses camarades à le quitter, vu qu'elle est "au pied du mur". Pourtant ces derniers, pourtant forts de 30% des voix des militants socialistes freinent des quatre fers à cette idée, ne voulant pas transformer le "congrès de Poitiers un nouveau congrès de Tours (où les familles socialistes et communistes s’étaient séparées en 1920), qui aurait pu accoucher d’une scission entre socialistes et sociaux-libéraux", selon Hoang-Ngoc. Ou un nouveau congrès de Reims, serait-on tenté d'ajouter puisque durant ce congrès (en 2008), Jean-Luc Mélenchon, actuel eurodéputé, avait quitté avec fracas le parti pour fonder le Parti de gauche et former le Front de gauche (FG) avec le Parti communiste.

Pour Hoang-Ngoc, fondateur d'un courant qui s'appelle les "socialistes affligés", qui a manifesté à de nombreuses reprises contre l'austérité, avec les écologistes et le Front de gauche, il faut renouveler également cet appel à une "coalition avec les écologistes de conviction et le Front de Gauche [qui] pourrait offrir une alternative attractive et crédible à un parti d’Epinay à bout de souffle." Il affirme, avec le politologue Philippe Marlière, que cette "initiative est susceptible de remobiliser, dès les prochaines échéances électorales, le bataillon des électeurs socialistes qui s’abstiennent et qui n’ont pas, jusqu’alors, reporté leurs suffrages vers EELV ou le Front de Gauche." Un appel du pied qu'avait déjà lancé Mélenchon, peu après le vote des motions socialistes, invitant les frondeurs à rejoindre la coalition de gauche radicale.

Un Podemos (ou Syriza) à la française

Ce qui motive un Hoang-Ngoc ou un Mélenchon sur ce rassemblement, c'est par rapport à ce qui se passe dans d'autres pays européens. Que ce soit en Turquie, avec le Parti démocratique des peuples (Halkların Demokratik Partisi - HDP), qui a réussi à faire élire 79 députés aux élections législatives du dimanche 7 juin, empêchant une nouvelle majorité conservatrice pour la première fois depuis 2002, en Espagne avec Podemos, qui symbolise la fin du bipartisme entre le Parti populaire (droite) et le Parti socialiste ouvrier espagnol (centre-gauche, gauche), ou encore en Grèce, avec la coalition de gauche radicale Syriza qui est le premier parti politique grec.

L'eurodéputé socialiste Emmanuel Maurel, durant le congrès de Poitiers a terminé son discours clairement pro-Syriza (ce qui n'est pas du goût de Cambadélis et du gouvernement) par la phrase suivante: "Soyons socialiste, soutenons Syriza, soutenons les Grecs qui luttent pour leur liberté." Il n'est pas le seul à se positionner ainsi. Un autre frondeur, le député socialiste Pouria Amirshahi en appelle à un "Podemos à la française", en l'ouvrant aux associations, militants de tous bords, scientifiques, ouvriers, syndicalistes, etc. Visiblement, ces socialistes ne peuvent que s'entendre avec le Front de gauche et pourraient en former une composante. Mais pourtant, ils n'ont pas l'air d'aller au bout de leurs convictions car le FG a du mal à demeurer à un niveau semblable à celui de l'élection présidentielle de 2012 où Mélenchon rassembla 11,1% des voix.

Puis il y a des raisons de forme que je développerais dans un autre billet.

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Oldbecane 12/06/2015 11:54

Mais qu'ils dégagent !
Comme cela ils pourront compter leur voix.
Mais peut être que cela qui les retient ?