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L'aile droite d'EELV claque la porte

Publié le par JoSeseSeko

Photo: WITT/SIPA

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Des alliances programmées avec le Front de gauche dans la perspective des élections régionales ont eu raison des parlementaires François de Rugy et Jean-Vincent Placé qui quittent Europe Écologie-les Verts. Un appel à ce toute l'aile droite du parti en fasse autant.

Ça y est, il est enfin parti, diront certains observateurs ironiques qui s'y attendent depuis longtemps. Le sénateur d'Europe Écologie-les Verts (EELV) Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste dans cette institution qui sert uniquement à faire ralentir les procédures législatives dont il faudrait mieux s'en débarrasser, a claqué la porte du parti ce vendredi 28 août, en l'annonçant sur la radio Europe 1.

Emboîtement de pas

En fait, l'écologiste a finalement attendu qu'un autre cadre d'EELV s'en aille pour lui emboîter le pas. En l'occurrence, le député François de Rugy, coprésident du groupe écolo à l'Assemblée nationale (avec Barbara Pompili). Ce dernier, dans un entretien au journal Le Monde (cf lien ci-dessous), a déclaré la veille (jeudi 27 août) qu'il quittait le parti, après avoir publié son dernier livre intitulé: écologie ou gauchisme: il faut choisir.

Cela a le mérite d'être clair de la part de de Rugy. Dans l'entretien qu'il accorde au Monde, il n'y va pas par quatre chemins, avec un discours assez léniniste, ce qui est cocasse quand on y songe:

  1. "Aujourd’hui, on n’arrive plus à avoir les débats, ni de fond ni stratégiques, au sein d’un parti qui s’enfonce dans une dérive gauchiste."
  2. "C’est EELV qui est en train de se marginaliser et à vitesse grand V. Nous étions sortis de la marginalité de façon spectaculaire grâce à Dany Cohn-Bendit en 2009 mais nous avons rechuté avec la présidentielle de 2012."

Bref, il vise Cécile Duflot, ancienne ministre, qui vise plutôt des accords avec la gauche radicale et qui tape sur le gouvernement Valls, que de Rugy et Placé ménagent pour leur part. Ce qui leur vaut le soupçon de vouloir entrer au gouvernement (d'ailleurs le ministère du Travail est vacant). En tout cas, de Rugy a salué le départ de Placé, ce matin:

 

Mais il n'est pas le seul à saluer ce fait. L'eurodéputé Front de gauche (FG) Jean-Luc Mélenchon, que les deux démissionnaires d'EELV ne supportent guère (et c'est réciproque) s'en félicite presque, mais aimerait bien voir cela du côté du Parti socialiste (PS), à l'aube de l'université d'été du PS à La Rochelle

Écologie réformiste vs écosocialisme

Dans la perspective de 2017, les départs de de Rugy et Placé se veulent un moyen de rassembler les "écologistes réformistes", qui seront naturellement des alliés du PS, quitte à avaler d'immenses couleuvres sur la question écologique, avec notamment le nucléaire, comme c'est le cas depuis 2012. Toujours est-il, selon moi, que les écolos sont à la croisée des chemins entre l'écologie réformiste, avec un futur parti "radical-écologiste", pour reprendre une formule trouvée par le journaliste Aymeric Caron dans On n'est pas couché en avril dernier, et l'écosocialisme, qui nécessite alors une entente avec le FG et d'autres forces de la gauche radicale française, comme c'est le cas dans 6 régions sur 13 pour les élections régionales de décembre prochain.

En tout cas, de Rugy n'en démord pas sur ces accords passés entre EELV et le FG, qu'il estime contre-nature en raison de certaines idées défendues par les deux camps. Tenez:

  • "Quant aux alliances avec le Front de gauche, c’est le pompon, dans la mesure où ce dernier est le courant politique français le plus centralisateur et jacobin, quand les écologistes sont décentralisateurs et régionalistes."

Et pourtant, s'il avait un peu de mémoire, le député de Loire-Atlantique se souviendrait qu'écolos, cocos et socialos du Parti de gauche marchaient parfois ensemble contre les politiques d'austérité déployées dans l'Union européenne, notamment en Grèce. En tout cas, qu'on soit d'accord ou pas avec leurs idées et leurs actes, de Rugy et Placé ont au moins le courage de partir d'un parti dans lequel ils ne se reconnaissent plus. Les membres de l'aile gauche du PS devraient en faire autant, emboîtant le pas de l'économiste et ancien eurodéputé Liêm Hoang-Ngoc, qui quitta le parti en juin dernier, au moment du Congrès de Poitiers, confirmant la victoire des thermidoriens sociaux-libéraux, avec Jean-Christophe Cambadélis comme Premier secrétaire du PS.

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