Évra à l'OM, c'est fini!

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AP

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D'un commun accord, l'Olympique de Marseille et le joueur se sont séparés, anticipant ainsi les sanctions de la part de l'UEFA à l'encontre d'Évra, suite au coup de pied que ce dernier a adressé à un supporter de l'OM. Mais la direction du club compte bien renforcer sa politique envers les supporters, qui risquent de payer sur le long terme les pots cassés.

"Voilà, c'est fini!" Cette chanson mélancolique de Jean-Louis Aubert résume bien la tristesse ambiante au sujet de Patrice Évra et de l'Olympique de Marseille (OM). Dans un communiqué publié vendredi 10 novembre (cf lien), la direction du club indique qu'un commun accord a été trouvé entre le club et le joueur pour résilier le contrat signé en janvier dernier. Conséquence directe du coup de pied que l'international français a adressé à un supporter olympien avant la rencontre à Guimarães, jeudi 2 novembre.

Fin de carrière anticipée

La résonance de ce geste de la part d'Évra risque de provoquer l'arrêt de sa carrière de manière anticipée, d'autant plus que l'UEFA l'a suspendu de toute compétition européenne jusqu'au 30 juin 2018. Ce qui, pour le joueur de 36 ans, est une épée de Damoclès qui lui tombe dessus. Et c'est bien triste pour un footballeur de sa trempe, avec son palmarès qui comprend cinq titres de champion d'Angleterre, trois titres de champion d'Italie ou encore une Ligue des champions, il fait figure d'exemple pour les jeunes en matière de détermination, de professionnalisme dans le vestiaire.

Personnellement, ça me peine, en raison du rôle qu'aurait pu avoir Évra auprès des minots du centre de formation de l'OM car le club racheté par l'états-unien Frank McCourt et présidé par Jacques-Henri Eyraud a fait du centre de formation une de ses priorités, afin que l'équipe première accorde davantage de place à ses minots. D'ailleurs, la conséquence à court terme est sportive. Même si Évra n'était plus tellement performant sur le terrain, il n'en demeurait pas moins un arrière latéral de métier. Or, il ne reste plus tellement que Jordan Amavi, qui a délogé Évra par ses matchs jugés convaincants, puis Christophe Rocchia. Ce dernier, formé au club, est symbolique de la politique de formation prônée par l'actuelle direction. Or, comme Maxime Lopez ou Boubacar Kamara avant lui, Rocchia et son agent ont fait trainer les négociations en posant des conditions élevés qui ont irrité le club. Au point que Rudi Garcia, l'entraîneur de l'OM, déclare qu'il ne ferait pas jouer Rocchia tant qu'il n'aura pas signé son premier contrat pro avec l'OM. Mais la solution semble être trouvée entre les deux parties et le minot a tout intérêt à profiter de la résiliation à l'amiable entre l'OM et Évra pour se faire une place dans l'effectif pro.

Eyraud = Leproux?

La conséquence à long terme dans cette histoire pourrait bien être une mise au pas des groupes de supporters par la direction de l'OM. Il faut dire qu'Eyraud était profondément peiné de devoir sanctionner Évra, dont il avait fait un symbole au moment de l'arrivée du joueur, en janvier dernier. Et puis sa relation avec les supporters s'est progressivement détériorée durant le mercato estival. Ces derniers considèrent que le président a joué sur leurs nerfs en leur promettant monts et merveilles au lieu d'affirmer que le retour de l'OM au sommet du foot français et européen devra se faire en plusieurs étapes. Sans compter des sanctions anticipées de la direction du club envers les groupes ultras marseillais en les empêchant certains d'entre eux de venir au Stade Vélodrome contre Dijon, lors de la première journée, par exemple. D'ailleurs, le communiqué publié le 10 novembre glisse une intention importante que voici: "Si le club est particulièrement attaché à l’ambiance dans les virages et reconnait le travail inlassable et parfois difficile des groupes de supporters, il entend sanctionner ceux d’entre eux qui commettent ce genre de dérapages".

Et pour certains membres de groupes de supporters, ça peut être pris pour un casus belli avec la direction du club. Ceux-là estiment qu'Eyraud serait prêt à vouloir en finir avec les groupes ultras de Marseille (Commando Ultra 84, South Winners, Yankee Nord 87, Fanatics, Dodgers, Marseille Trop Puissant, etc.) si un prétexte de violence tomberait dans les prochains jours, prochains mois ou prochaines années. À l'instar de ce qui s'est passé à Paris en 2010. Suite à une défaite du Paris Saint-Germain (PSG) à domicile contre... l'OM, des supporters des virages Boulogne et Auteuil se sont entretués, menant à la mort d'un membre des Boulogne boys. Le président du PSG de l'époque, Robin Leproux saisit ce prétexte pour revoir complètement les abonnements en virage et ainsi interdire l'accès au Parc des Princes des groupes de supporters ultras. En dépit des trophées de l'ère qatarie (depuis 2011), le plan Leproux a aseptisé l'ambiance au Parc, devenue morne. Au point que depuis 2016, l'actuelle direction du PSG est en négociations avec le Collectif Ultras Paris pour que les ultras reviennent progressivement au stade apporter un peu d'ambiance, tant les dirigeants parisiens sont conscients d'avoir affaire à des supporters-consommateurs (ou footix, c'est selon). Et donc, pour les groupes ultras olympiens, il n'est pas question de se faire avoir, après avoir faire une grande concession au club qu'est la gestion des abonnements dans les virages Nord (Patrice de Peretti) et Sud (chevalier Roze). Mais d'un autre côté, laisser imaginer un sentiment d'impunité auprès de supporters accusés d'avoir provoqué Évra passerait très mal auprès d'autres supporters de l'OM et serait un super cadeau pour les anti-OM primitifs qui lancent des accusations d'insultes négrophobes proférées à l'encontre d'Évra à ce moment-là, comme le déclare le journaliste Pierre Ménès par exemple.

En tout cas, pourvu que la suite des événements ne transforme pas l'OM en un PSG bis, aseptisant les virages.

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