Macron, le girondin autoritariste

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Conseil départemental des Yvelines

Photo: Conseil départemental des Yvelines

Les évacuations par la police ou la gendarmerie de l'université de Nanterre ou de Notre-Dame-des-Landes, ce lundi 9 avril, illustrent la dangerosité d'un pouvoir exécutif fort, surtout avec Emmanuel Macron et son idéologie libérale extrêmement violente, qui n'est pourtant pas moderne dans l'histoire.

En écrivant ces lignes, je pense à celles et ceux qui ont voté Emmanuel Macron en 2017, croyant que sa ligne libérale serait suffisamment "cool" pour ne pas être violente, opposant cela à Marine Le Pen, symbole de la violence raciste, puis à Manuel Valls, dont la répression menée contre la loi travail en 2016 a marqué les esprits. Eh ben, ces personnes-là doivent se rendre compte de leur aliénation car ce lundi, encore une fois, la violence de l'État s'est exprimée sans coup férir à Notre-Dame-des-Landes ou à Nanterre.

Résistance symbolique

Ces deux endroits sont des lieux de résistance symbolique, où le pouvoir central se retrouve mis en question et débouté par les personnes qui s'y regroupent. Du côté de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), ce sont les zadistes, qui ont fait de cette partie du département de Loire-Atlantique une zone à défendre (ZAD), contre le projet d'aéroport pour Nantes qui devait s'y implanter. Ce projet, qui date de plusieurs décennies, a finalement trouvé une issue ces derniers mois avec la décision du gouvernement d'y renoncer pour de bon. Cependant, il exigeait une évacuation totale de la ZAD de ses occupants, alors que certains d'entre eux y avaient développé des fermes, des exploitations agricoles. D'où l'intervention et l'expulsion manu militari, ce lundi 9 avril, par la gendarmerie. Vu la volonté du pouvoir de contrôler les images, donc de censurer, il fallait ruser du côté des journalistes présents sur le terrain. Certains, comme du côté de Mediapart, ont pu réussir à filmer l'expulsion, témoignant ainsi du déploiement disproportionné des forces de l'ordre (social).

Du côté de Nanterre, autre symbole. Celui de l'université qui avait lancé le mouvement de Mai 1968 et qui est, comme d'autres, une des facs qui s'oppose le plus à la réforme de l'université, introduisant la sélection au niveau du Master, ainsi qu'un refus de la nouvelle plateforme post-bac Parcoursup, considérée comme "ubuesque" par des enseignants du supérieur. Pareil, ce lundi, des CRS ont été envoyés à Nanterre pour virer, menotter des étudiants qui occupaient pacifiquement leur fac, comme le montrent différentes images publiées sur le réseau social Facebook par exemple par des milieux de gauche radicale.

Autoritarisme capitaliste

Cet usage de la force rappelle que Macron est dans une logique où l'État doit être puissant au niveau de ses missions régaliennes (police, justice, armée). Mais surtout, en libéral classique, digne héritier des Girondins de la fin du 18e siècle - c'est dire si la pensée dominante est loin d'être moderne -, le président accélère la procédure de faire de l'État un instrument au service de l'intérêt d'une classe sociale (bourgeoisie) par rapport à une autre (prolétariat). Ce qui serait un retour à une période avant la Libération, où l'État intervenait peu dans l'économie, n'avait pas de politique sociale et ne servait guère l'intérêt général. En clair, l'autoritarisme affiché par le président va dans le sens des capitalistes dans la mesure où il cherche à réprimer tout mouvement social pouvant s'articuler avec d'autres mouvements sociaux, comme la grève des cheminots de la SNCF, puis privatise en tapinois des pans de l'économie comme les barrages hydroélectriques, les commandes de TGV, favorisant ainsi l'économie de la rente, déjà bien avantagée avec les dernières réformes fiscales (suppression de l'ISF).

Marche à la guerre?

Cet aspect girondin chez Macron pourrait prendre une tournure plus martiale, en cas d'intervention militaire en Syrie. En tout cas, Macron et Donald Trump - on oublie l'indignation hypocrite au sujet de l'accord de Paris sur le climat - semblent partis pour faire un front commun contre Bachar al-Assad, en raison de l'utilisation éventuelle d'armes chimiques à proximité de Damas, samedi 7 avril. Et en cas de guerre, ça permettrait de tourner les esprits vers l'extérieur et d'avoir un moment de paix au niveau intérieur, comme l'eurent fait les Girondins en déclarant la guerre à l'Autriche en 1792. Mais attention, c'est une lame à double tranchant car si les résultats militaires ne deviennent pas probants, la contestation intérieure repartirait de plus belle.

Finalement, ça montre combien certains, à gauche, feraient bien de revenir aux principes de la 1ère Internationale (1864), tant elle semble malgré tout actuelle. Puis, pour celles et ceux qui sont de gauche qui grinceraient face à cet article critique car ayant voté Macron au second tour de la présidentielle, ils auront permis d'alimenter, en vérité, le Front national de Marine Le Pen car Macron et cette dernière se nourrissent mutuellement, symboles d'une France droitisée.

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