Pogacar, le couteau entre les dents face à Vingegaard

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

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Après deux semaines de course, le duel entre Tadej Pogacar, double vainqueur en titre et Jonas Vingegaard, deuxième l'an dernier et actuel porteur du maillot jaune, promet de continuer de plus belle avec les étapes pyrénéennes à l'horizon, ainsi qu'un ultime contre-la-montre qui fera départager les deux prétendants à la victoire. Sachant qu'une lutte pour la troisième place entre Geraint Thomas, Romain Bardet, Nairo Quintana ou encore David Gaudu entre autres.

Au début du Tour 2022, il était question de savoir si le Slovène Tadej Pogacar, vainqueur du Tour de France en 2020 et 2021, ferait face à une concurrence à sa hauteur pour l'empêcher de se diriger vers un troisième succès de rang dans la Grande boucle. Et pour cela, les yeux étaient principalement tournés vers l'équipe Jumbo-Visma, comptant dans ses rangs Primoz Roglic, compatriote de Pogacar, deuxième du Tour en 2020, et le Danois Jonas Vingegaard, deuxième du Tour l'an dernier. Finalement, c'est bien cette équipe-là qui a donné une réponse positive à travers l'étape Albertville/col du Granon du mercredi 13 juillet, où les équipiers puis Roglic et Vingegaard eux-mêmes ont harcelé Pogacar, lançant des attaques dans le col du Télégraphe puis du Galibier, finissant par faire craquer le maillot jaune pour qu'il finisse à près de trois minutes de Vingegaard, vainqueur d'étape ce jour-là, devenant par ailleurs maillot jaune.

Un collectif fragilisé

Cette étape-là fut la démonstration de la force collective des Jumbo-Visma, avec Roglic qui s'est comporté en lieutenant de luxe parfaitement loyal pour Vingegaard, car diminué suite à une douleur au dos lors de l'étape Lille/Wallers-Arenberg, contenant des secteurs pavés. En corolaire, ce fut la preuve de la faiblesse de l'équipe UAE-Emirates, qui était handicapée par deux abandons pour cause de Covid, en l'occurrence Vegard Stake Laegen et George Bennett peu avant la fin de la première semaine du Tour.

Néanmoins, un rééquilibrage pourrait bien s'opérer pour cette dernière semaine de Tour car lors de l'étape Rodez/Carcassonne, Vingegaard a perdu deux équipiers. D'abord Roglic, non-partant en raison de douleurs au dos, puis Steven Kruijwijk sur chute durant cette étape-là. Deux équipiers importants pour le maillot jaune en montagne. Ce qui pourrait obliger le coureur belge Wout Van Aert à jouer plus que jamais l'équipier modèle pour son leader, lui qui bénéficiait d'une certaine liberté d'action, lui permettant d'avoir le maillot vert du classement par points. À voir si dès l'étape Carcassonne/Foix, première des trois étapes pyrénéennes - les autres étant Saint-Gaudens/Peyragudes et Lourdes/Hautacam -, Pogacar se lancerait à l'attaque pour déstabiliser Vingegaard et reprendre in fine le maillot jaune, bien qu'il compte 2'22" de retard.

Un français sur le podium?

Derrière ce duel Vingegaard vs Pogacar, la troisième marche du podium offre aussi du suspense. Le Britannique Geraint Thomas, vainqueur du Tour en 2018, y est actuellement positionné, à 2'43" de Vingegaard. Soit seulement 21 secondes de retard sur Pogacar! Néanmoins, l'étape Briançon/L'Alpe-d'Huez, mais surtout le final de l'étape Saint-Étienne/Mende, ont montré combien le leader de l'équipe Ineos-Grenadiers est en-deçà des deux principaux protagonistes de ce Tour et qu'il ferait bien de surveiller ses arrières, car à 18 secondes derrière lui, se trouve Romain Bardet. Le Français, qui n'affichait pas officiellement des ambitions pour le classement général, après avoir abandonné lors du Tour d'Italie en mai dernier, montre qu'il est dans la forme de sa vie et que si la canicule qui sévit sur le Sud de la France ne lui fait pas trop tourner la tête, il peut clairement viser le podium, d'autant plus que les Pyrénées lui réussissent assez bien, comme en atteste sa victoire à Peyragudes en 2017 par exemple.

Mais il n'est pas le seul français dans cette lutte. David Gaudu répond également présent, même si son retard est plus important - 1'41" sur Thomas -. Il va falloir se montrer audacieux dans les Pyrénées, sachant que Gaudu a l'habitude de bien finir les grands Tours où il participe comme sur le Tour l'an dernier, où après un jour sans dans la deuxième semaine, il a mieux fini le Tour avec des places d'honneur dans les dernières étapes de montagne, échouant de peu le Top 10. Problème, comme pour Bardet, c'est qu'il faudrait arriver à glaner une étape et prendre suffisamment de temps sur Thomas pour compenser une perte certaine dans le contre-la-montre Lacapelle Marival/Rocamadour, bien qu'un contre-la-montre en fin de Tour soit davantage lié à l'état de fraicheur physique qu'au niveau intrinsèque du coureur dans cet exercice.

D'ailleurs, pas sûr qu'on assiste à une victoire d'étape d'un coureur français cette année, tant la concurrence est rude pour chasser les étapes et que les coureurs français potentiellement en mesure sont soit trop justes pour y arriver tout en ayant le rôle de l'épouvantail dans une échappée - Thibaut Pinot par exemple -, soit trop près des hautes sphères du classement général pour avoir un bon de sortie - Bardet, Gaudu -.

En tout cas, la semaine qui va s'ouvrir demain sera à observer et celui qui saura le mieux supporter la canicule y trouvera son compte.

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