Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

JoSeseSeko

JoSeseSeko

"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Palestine/Israël, une fracture française?!

Publié par JoSeseSeko sur 14 Novembre 2023, 13:37pm

Catégories : #Politique, #Moyen-Orient, #Palestine, #Israël, #Guerre, #Europe, #France, #Antisémitisme

Photo: JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

L'amplification de la réplique israélienne aux attaques du Hamas et les manifestations de soutien au peuple palestinien réveillent une instrumentalisation de la question de l'antisémitisme en France, désormais imputé aux français de confession musulmane et à la gauche radicale. Au point que l'extrême-droite est présentée (à tort) comme capable de lutter contre l'antisémitisme.

La guerre israélo-palestinienne, qui perdure depuis 1948, avec un nouveau chapitre depuis les attaques du Hamas du 7 octobre et la réponse israélienne sur la bande de Gaza (principalement), rappellent combien l'alliance objective entre le Hamas et le gouvernement israélien de droite, voire d'extrême-droite, a conduit à ce scénario macabre où 1.400 israéliens sont morts et plus de 10.000 palestiniens sont tués sur plus d'un mois. Ce qui a de quoi motiver les antisémites pour jeter de l'huile sur le feu en France, où plus d'un millier d'actes antisémites ont été recensés par le ministère de l'Intérieur depuis le 7 octobre. La France étant le pays comptant tout à la fois la communauté musulmane la plus importante d'Europe et la communauté juive la plus importante d'Europe.

Retour des catholiques-zombies?

Et les manifestations du weekend du 11 novembre offrent un contraste assez saisissant en termes d'images. D'un côté, samedi 11 novembre, quelques dizaines de milliers de personnes manifestaient pour un cessez-le-feu en France, notamment à Paris, où des interdictions de manifester furent lancées dans un premier temps. De l'autre, une manifestation contre l'antisémitisme, lancée par la présidente de l'Assemblée nationale (Yaël Braun-Pivet) et le président du Sénat (Gérard Larcher) ayant regroupé quelques 105.000 personnes sur Paris, et 182.000 sur toute la France (cf photo).

Photo: AFP

Et avec plus de détail, il est tentant de remarquer que la manifestation pro-palestinienne du 11 novembre attirait en bonne partie des jeunes, banlieusards, plutôt prolétaires ou classes moyennes inférieures et ayant des racines extra-européennes, notamment du côté de l'Afrique du Nord (Maroc, Algérie,Tunisie); tandis que la manifestation du lendemain attirait davantage des vieux, vivant dans les centres urbains, suintant la bourgeoisie ou la classe moyenne supérieure, et grandement euro-descendants - voire "français de souche" -. D'ailleurs, cette description de la manif du 12 novembre n'est pas sans rappeler celle du 11 janvier 2015 - 4 millions de personnes, dont 1,5 à Paris -, dont le démographe, anthropologue Emmanuel Todd avait tiré une analyse à travers son essai Qui est Charlie?, parlant notamment des "catholiques-zombies", groupe ayant une ligne européiste ou encore islamophobe.

Barrage de Macron à Zemmour

D'ailleurs, certains s'émeuvent de l'absence ou de la faible présence de personnes de confession musulmane - réelle ou supposée - à la manifestation du 12 novembre (cf lien n°1). Mais bon, les imaginer venir à une manif où l'extrême-droite, version Marine Le Pen ou version Éric Zemmour était bruyamment présente, c'est avoir un esprit tordu quand même. De même qu'imaginer l'extrême-droite capable de mener une lutte contre l'antisémitisme, c'est vivre au pays des bisounours, comme en atteste l'étude de la CNCDH de 2022 où la droite et l'extrême-droite sont les camps politiques les moins enclins à opérer une "lutte vigoureuse" contre l'antisémitisme, le racisme ou encore l'islamophobie (cf photo).

Source: CNCDH: la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie, année 2022.

Néanmoins, un arc libéral/réactionnaire, de Macron à Zemmour, s'est affirmé, réhabilitant pleinement l'extrême-droite aux détriments de la gauche et de l'extrême-gauche. Ce qui fait que la manifestation du 12 novembre 2023 mobilise moins que celle du 11 janvier 2015 et qu'entre ces deux dates, il y eut les attentats du 13 novembre 2015, où l'extrême-droite se frotta les mains, puis deux élections présidentielles avec Macron vs Le Pen, soit les deux mamelles d'une France droitisée, comme je l'écrivais déjà en 2017. Signe que je sentais que le 11 janvier 2015 était une illustration d'une illusion unitaire. D'ailleurs, certains représentants de la coalition de gauche Nupes - exception de la France insoumise, qui a manifesté dans son coin, avec la réaction hostile de membres du Crif ou d'appels au meurtre de la part de la LDJ, organisation juive d'extrême-droite -, ont été accueillis sous les huées des militants d'extrême-droite. Signe qu'ils n'étaient pas les bienvenus. Tout comme des militants du collectif juif de gauche Golem qui furent repoussés par la police au moment de l'arrivée de Le Pen dans le cortège.

Marcher sur des œufs

Cela étant, il y avait un absent. C'était Macron. Le président est dans une situation délicate. Après avoir affirmé le droit pour Israël de se défendre, il se retrouve en position de devoir faire machine arrière. D'une part, parce que cette prise de position pro-israélienne, aggravée par les initiatives de Braun-Pivet affichant un soutien "inconditionnel" à Israël, provoque des remous intérieurs via les manifestations pro-palestiniennes mais aussi le malaise au sein de la diplomatie française, qui craint d'être en porte-à-faux auprès des pays arabes. D'autre part, voyant bien les crimes commis par l'armée israélienne à Gaza, devenue un cimetière à ciel ouvert, notamment pour les enfants, Macron a fini par appeler à un "cessez-le-feu humanitaire" vendredi 10 novembre, bien que cherchant à rétropédaler ensuite (cf liens n°3, n°4, n°5). Or, l'ONU souligne que ses actions humanitaires pourraient s'arrêter sous 48h, "faute de carburant", risquant d'aggraver une situation déjà fortement dégradée (cf lien n°6).

En-dehors du cas français, les pays occidentaux marchent de plus en plus sur des œufs car les manifestations appelant à un cessez-le-feu et critiquant l'attitude des israéliens ne désemplissent pas à mesure que le recensement des morts et des rares images des destructions par les bombardements quotidiens de Tsahal et que l'opinion publique s'oppose de plus en plus aux gouvernants, ouvertement pro-israéliens. Au risque d'être, comme par rapport à l'apartheid sud-africain, une nouvelle fois du mauvais côté de l'histoire.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents