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Un sombre 14 juillet à Nice

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

Photo: AFP

Peu après le feu d'artifice en l'honneur de la fête nationale, un camion a foncé sur la foule présente sur la promenade des Anglais, à Nice. Plusieurs dizaines de morts sont recensés. L'hypothèse d'une attaque terroriste est développé par le parquet.

Peu avant 23h, le 14 juillet 2016, qui se déroulait paisiblement à Nice, prit un virage cauchemardesque. Le tout à cause d'un camion, fonçant à vive allure sur la promenade des Anglais, afin d'écraser tout ce qui bouge. Au moins 84 morts et plusieurs dizaines de blessés sont à déplorer, selon les autorités locales. Des scènes semblables à celles observées au moment des attaques du 13 novembre 2015, à Paris, où des riverains (et touristes) cherchèrent à se réfugier dans des appartements ou des hôtels du vieux Nice, à l'abri du danger.

Hypothèse terroriste

Aussitôt les premiers bilans annoncés, le parquet anti-terroriste de Paris a saisi l'affaire, considérant que ça relève d'une attaque terroriste. Néanmoins, il reste à vérifier si le chauffeur du camion, abattu sur place, avait des relations avec des organisations terroristes, en particulier l'État islamique (ou Daech) ou agissait de manière complètement isolée.

S'il est lié au mouvances terroristes, le tueur, un Franco-tunisien de 31 ans (cf lien n°1), a du bénéficier de soutiens sur Nice et ses environs, étant donné que la ville est considérée comme une plaque tournante dans la formation de djihadistes français, allant combattre en Syrie, puis rentrant dans l'Hexagone par divers moyens. En tout cas, les autorités locales devront vite s'expliquer, en particulier Christian Estrosi. Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et jusqu'au 13 juin 2016, maire de Nice, ferait bien de rendre des comptes au lieu d'appeler seulement à "un sursaut de l'État", car sa politique de surveillance renforcée avec des caméras dans la ville, n'a guère été dissuasive (cf lien n°2).

Un État d'urgence inefficace

Cette attaque indique également l'inefficacité absolue de l'État d'urgence. Mis en place depuis le 13 novembre, il était question qu'il ne soit plus effectif à partir du 26 juillet prochain. C'est le président de la République François Hollande qui le déclarait lui-même dans l'interview du 14 juillet, sur TF1 et France 2. Mais vu l'ampleur de la catastrophe, qui prouve cette inefficacité patente, le chef de l'État fait machine arrière et annonce, dans la nuit du 14 au 15 juillet, que l'État d'urgence sera prolongé de 3 mois (cf lien n°3).

Cette sinistre histoire prouve, une fois encore, que cette juridiction n'est pas faite pour protéger, pour organiser une défense territoriale, nationale; mais elle est en place en tant qu'instrument de défense sociale, orientant les gens ailleurs. Des esprits sarcastiques - et quand même lucides - mettront volontiers en avant le fait que les services de police et de gendarmerie se défoulent bien contre des manifestants opposés au projet de loi travail (nasse, envois de gaz et grenades lacrymogènes), s'enfermant dans une logique d'excitation mutuelle avec des "casseurs", mais restent plus circonspects quand il s'agit de bastons entre hooligans anglais et russes sur le Vieux-port de Marseille, le 11 juin dernier, au début de l'Euro 2016 de football. En outre, comment se fait-il qu'un 14 juillet, en plein État d'urgence, un camion ait pu débouler sur la promenade des Anglais? N'y avait-il pas de barrages par les policiers et les gendarmes?

Revoir la diplomatie

Enfin, cet attentat, à l'instar de celui de Bruxelles en mars et d'Istanbul en juin, montre à quel point la logique de représailles par des kamikazes est la stratégie utilisée par les organisations terroristes. Pourquoi des représailles? En raison de l'interventionnisme au Proche et Moyen-Orient, tout particulièrement en Syrie. Cela oblige à repenser la politique extérieure de la France. Depuis le milieu des années 2000, elle est marquée par un mot: atlantisme.

Ce pro-américanisme forcené de la France ces dernières années contraste avec une certaine distance qui était de rigueur à l'égard des États-Unis, notamment durant la présidence de Charles De Gaulle. Ce qui n'entre pas en contradiction avec un néocolonialisme français, typique de la part d'un pays occidental sur ce qui a été appelé le "Tiers-monde". Mais avec l'élection de Nicolas Sarkozy, la donne a progressivement changé, et M. Hollande suit les pas de son prédécesseur, avec l'exemple du retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN. Ce qui fait que l'Hexagone, en tant qu'allié de l'oncle Sam, est une cible de choix pour des terroristes, à défaut d'atteindre les États-Unis directement, même si des attaques eurent lieu à San Bernadino (Californie), ou plus récemment, à Orlando (Floride).

En vérité, comme le déclarait le 3e président états-unien, Thomas Jefferson:

  • "La paix, le commerce, une honnête amitié avec toutes les nations, des alliances étroites avec aucune."

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