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Une justice pour Théo et d'autres

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à proximité du tribunal de grande instance de Bobigny pour réclamer justice à l'égard de Théo Luhaka, et vociférer contre la police, quitte à vouloir trop en découdre pour certains.

"Flics, violeurs, assassins", "Pas de justice, pas de paix", "Nous sommes des français". Voilà quelques exemples de propos tenus par plus d'un millier de personnes à Bobigny, samedi 11 février, lors du rassemblement organisé par différentes associations ou mouvements à Bobigny (Seine-Saint-Denis), à proximité du tribunal de grande instance. Un lieu hautement symbolique pour espérer que justice soit rendue à l'égard de Théo Luhaka, jeune Français de 22 ans, victime de violence par quatre policiers à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 2 février 2017. Un rassemblement qui tombe peu après un avis de l'Inspection générale des services, considérant qu'il n'y aurait pas intention de viol de la part d'un des quatre policiers sur la victime, alors que Théo reçut une matraque dans l'anus sur 10 cm. D'autres rassemblements ont eu lieu ailleurs en France (Strasbourg, Amiens, Marseille, Nantes, etc.).

Nerfs à vif

Sur les tours de parole pris avant qu'il y ait eu dispersion, beaucoup insistaient sur la nécessité des rester maitre de soi face aux forces de l'ordre (social) et voulaient rendre hommage à ce "fils du Congo", comme le déclara une intervenante dans cette tribune improvisée en plein air, rappelant les origines congo-zaïroises de Théo Luhaka, et que ce pays, le plus peuplé de la francophonie, connait des difficultés liées à un pouvoir exécutif ayant perdu toute crédibilité mais se maintenant au sommet. Mais comme les nerfs sont à vif, les insultes fusent à l'égard des flics positionnés en hauteur. Et surtout, certains jeunes, une quarantaine de collégiens ou lycéens, ont voulu en découdre avec les flics, quitte à ce que le reste des manifestants se fasse gazer, malgré les appels à ne pas aller provoquer les policiers. "En agissant ainsi, ils font en sorte que ça se retourne contre nous car ce sera repris par BFM. Quelle bande d'idiots!" lâche, dépitée, une trentenaire venue avec des amies à elle.

Toujours est-il qu'en dépit de la dispersion, des affrontements ont eu lieu entre des policiers et des manifestants à proximité de l'arrêt de métro et de tram Bobigny-Pablo Picasso. Des voitures et des motos ont été brulées.Ce sont les ados qui vont à la castagne, comme ce fut le cas lors des révoltes d'octobre-novembre 2005 qui n'ont guère eu d'effet sur le cadre de vie des habitants des banlieues. Mais ça ne peut qu'encourager l'excitation mutuelle avec les flics, rompus à genre de situation, avec les manifs contre la loi travail au printemps 2016 par exemple.

Une "justice pour tous"

La principale revendication des personnes qui se sont rassemblées, est qu'il y ait une "justice pour tous". En particulier du côté des familles des victimes de violences policières réunies autour du collectif "Urgence notre police assassine" d'Amal Bentounsi, qui perdit son frère en 2012, tué dans le dos par un policier et dont le procès va prochainement se dénouer. Une justice à l'égard de Théo, bien évidemment, mais aussi pour Adama Traoré, mort le 19 juillet 2016 à la suite d'une interpellation dans le commissariat de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise).

Mais pour l'instant, la justice donne l'impression d'être au service de la police, avec un sentiment d'impunité fortement ressenti par les habitants des quartiers populaires, voire même un acharnement envers une famille qui émet des doutes, comme la famille Traoré depuis juillet 2016. En tout cas, les larges critiques faites au niveau politique, à l'heure de l'élection présidentielle, rendent prioritaire la problématique de la relation entre la police et la population dans le débat. Pas dit qu'il en sorte quelque chose de grandi pour tout le monde, hélas.

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