Benoit Hamon candidat à la primaire de gauche

Publié le par JoSeseSeko

Benoit Hamon candidat à la primaire de gauche

Dans le journal télévisé de France 2, mardi 16 août, Benoit Hamon, député des Yvelines, a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2017 en passant par la primaire que compte organiser le Parti socialiste. Du coup, certains se questionnent sur sa capacité à soutenir le vainqueur de la primaire s'il perd et si le dit vainqueur représente l'aile droite du PS, voire si ce serait l'actuel président François Hollande.

La rentrée se rapproche et il faut s'y préparer au plus vite. C'est peut-être ainsi que Benoit Hamon, député socialiste des Yvelines, a profité de son passage au journal de 20h de France 2 pour annoncer sa candidature comme suit: "Je suis candidat à l'élection présidentielle et je participerai à la primaire organisée par le parti socialiste" (cf lien n°1). L'un des jeunes meneurs de l'aile gauche du Parti socialiste (PS) compte ainsi mener une bataille critique contre le gouvernement actuel et à défaut d'être vainqueur, d'influer sur le programme du PS pour 2017, se tournant sur la question de l'économie sociale et solidaire et le renforcement des droits des consommateurs, comme il a tenté de faire quand il était ministre délégué à l'Économie sociale et solidaire et à la Consommation sous Jean-Marc Ayrault.

Concurrence sur l'aile gauche

La candidature de M. Hamon s'inscrit dans une volonté de remise en cause du cadre économique qu'offre le mode de production capitaliste en mode néolibéral depuis les années 1970, ainsi que du cadre institutionnel de la Ve République. D'où des propositions économiques mentionnés ci-haut, en particulier le revenu universel. Mais quel revenu universel? S'agirait-il d'un revenu de base ou d'un salaire à vie? Un débat que le mouvement Nuit Debout, notamment sa commission Économie politique a fait soulever ces derniers mois (cf lien n°2). D'ailleurs, invité par cette commission à se positionner sur une motion en juillet, le député socialiste était initialement d'accord avant de s'aligner sur le choix de ses collègues frondeurs. Puis sur les institutions, c'est vouloir une VIe République, dont il n'est pas le seul à défendre l'idée, "qui permette de régénérer notre démocratie grâce notamment à une responsabilité accrue de l'exécutif face à un parlement fort et représentatif de toutes les nuances politiques." Ça semble signifier qu'il y aurait de la proportionnelle à l'avenir, mais à quelle dose? Ce sera à savoir dans les prochaines semaines.

Le problème interne pour l'ancien ministre de l'Éducation nationale de Manuel Valls (avril-août 2014) est qu'il n'est pas le seul à se porter candidat dans cette primaire de gauche. En effet, trois autres meneurs de l'aile gauche du PS, pourtant invitée par l'aile droite à quitter un navire socialiste qui prend l'eau, ont fait acte de candidature. Il s'agit de Gérard Filoche, de Marie-Noëlle Lienemann et d'Arnaud Montebourg (cf lien n°3). Plusieurs mass media insistent sur ce dernier car comme M. Hamon, il a fait partie du gouvernement, en étant ministre de l'Économie, avec un positionnement de chantre du made in France, du "patriotisme économique" ou de la "démondialisation". Puis les deux hommes sont de la même génération et veulent marquer le coup pour 2017, notamment face au président Hollande ou au Premier ministre Manuel Valls, qu'ils critiquaient déjà du temps de leur présence gouvernementale. Or, incarner l'aile gauche du PS, ça reste compliqué dans l'histoire de ce parti et des départs ne sont pas impossibles comme celui de Jean-Pierre Chevènement en 1993, après le référendum ratifiant le traité de Maastricht, ou celui de Jean-Luc Mélenchon en 2008, peu avant le congrès de Reims du PS.

Le piège de la primaire

Le problème externe au sujet de cette candidature, même si c'était prévisible depuis quelques mois, est que M. Hamon suit le cadre d'une primaire, comme cela se fait ailleurs dans le monde, notamment aux États-Unis. C'est un panier de crabes où il faut marcher délicatement pour espérer avancer au niveau des sondages et faire avancer ses idées. Par conséquent, les coups bas sont permis et ça peut freiner les envies des sympathisants à voter lors de cette primaire. Mais surtout, en cas de défaite, il faudrait soutenir le vainqueur de la primaire. Et des observateurs se demandent si M. Hamon soutiendrait MM. Hollande, Valls ou Macron, si l'un des trois participait et gagnait cette primaire à gauche.

Or, ce cas de figure est très probable et ça pourrait inciter encore plus les électeurs à ne pas voter PS au 1er tour de la présidentielle. Et c'est bien pour ça qu'un Jean-Luc Mélenchon ou un Bastien Faudot font candidature à part, comptant rallier dans leur camp des socialistes qui feraient défection, comme ça semble se faire outre-Atlantique du côté des deux partis dominants (Républicain et Démocrate). Toujours est-il que la gauche française est dans un flou complet et que si elle veut convaincre les électeurs, elle ferait bien de ne pas renier ses références intellectuelles du passé, mais de les actualiser pour distiller de nouvelles perspectives dans plusieurs domaines (économie, institutions, diplomatie, écologie, rapport avec l'histoire coloniale et postcoloniale, etc.). Sinon, elle se tirera dans les pattes et laissera le champ libre à un axe libéral-conservateur déjà hégémonique sur le plan intellectuel (places dans les universités et grandes écoles).

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jesuiscandidat33066882 08/12/2016 21:33

Selon les dernières nouvelles...Mme Marisol Touraine serait candidate à l'élection présidentielle.La candidature à l'élection présidentielle semble s'apparenter à une véritable épidémie....voire une pandémie ! Même la ministre de la santé a contracté le virus...C'est inquiétant !