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Photo: Flickr/Ethics & Integrity

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Après une interdiction préalable de publication, la justice a fini par donner raison à Mediapart pour que le média en ligne puisse publier de nouveaux éléments dans son enquête au sujet du maire de Saint-Étienne, soupçonné de chantage sexuel envers un de ses adjoints et accusé de lancer des rumeurs sur Laurent Wauquiez.

On ne censure pas Mediapart! Voilà un slogan qui peut aller comme un gant au pure player fondé par Edwy Plenel en 2008, tant la justice tente de le museler. Dernier exemple en date, l'interdiction d'une publication, le 18 novembre, d'un nouvel article au sujet du maire (LR) de Saint-Étienne Gaël Perdriau, englué dans une affaire de chantage sexuel envers son adjoint à la mairie Gilles Artigues, qui a enregistré les échanges entre eux et les a fournis à Mediapart, enquêtant sur les méthodes politiques du maire de Saint-Étienne (cf lien n°1). Mais cette censure préalable, inédite envers un journal français depuis l'instauration des lois de juillet 1881 sur la liberté de la presse, a suscité une vive réaction dans la presse française et la justice s'est ravisée, autorisant Mediapart à publier ses nouvelles révélations dans son journal, ce mercredi 30 novembre (cf lien n°2).

Attaque envers la presse

Dans sa nouvelle enquête sur Perdriau, Mediapart révèle, via des enregistrements audio, que le maire de Saint-Étienne a lancé une "rumeur criminelle", avouant ensuite qu'il s'agit d'une "pure calomnie", envers Laurent Wauquiez, président (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce dernier compte attaquer son adversaire au sein du même parti sur le terrain judiciaire pour diffamation, au vu des révélations de l'enquête de Mediapart (cf lien n°3).

Ce n'est pas la première fois - ni probablement la dernière -, que Mediapart se retrouve à faire face à la justice pour défendre son travail journalistique. L'Affaire Bettencourt avait poussé la justice à viser Mediapart après publication des premiers articles sur les affaires de Liliane Bettencourt, notamment sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, à travers le trésorier de l'UMP - ancien nom de LR - Éric Woerth. Une affaire qui a participé à la renommée du journal. Il y a eu la tentative de perquisition des locaux du pure player en 2019, dans le cadre de l'affaire Benalla, relatant l'impunité dont jouissait Alexandre Benalla grâce à sa proximité avec Emmanuel Macron.

Mais au-delà de Mediapart, bien d'autres journaux alternatifs, ou des journalistes en mode poil à gratter, se retrouvent exposés à des risques judiciaires. Par exemple, plusieurs journalistes comme Jean-Baptiste Rivoire ou Tristan Waleckx ont été attaqués en justice par Vincent Bolloré, qui n'aime pas qu'on rappelle qu'il est le visage contemporain de la Françafrique et des effets néfastes localement. On peut ajouter le média Disclose qui a vu un de ses journalistes interrogé par les services de renseignement au sujet d'une enquête sur les livraisons d'armes françaises en Arabie Saoudite et leur utilisation au Yémen.

De quoi appeler à la vigilance citoyenne car sous l'ère Macron, la presse est dans l'œil du cyclone et que seuls les chiens de garde des affairistes, comme Cyril Hanouna avec Bolloré, ont droit de cité car ils aliènent les esprits!

Tag(s) : #Presse, #Médias, #Mediapart, #Justice, #Censure, #Politique, #France
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