Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Une année 2015 à forts enjeux en Europe

Publié le par JoSeseSeko

Une année 2015 à forts enjeux en Europe

Sans rentrer dans le jeu des éditorialistes qui parlent de grands bouleversements quand il y a des années en 15 (1715; 1815, etc.), il y a quand même l'impression que de grands changements pourraient avoir lieu en cette année 2015 qui commence.

Est-ce que l'année 2015 va changer quelque chose dans la trajectoire de l'Europe? Parce que malgré le plan Juncker de 315 milliards d'euros, l'Union européenne (UE) suit une logique d'austérité qui la pousse à la déflation, la récession, et donc au gonflement de la dette publique, grande obsession racontée par le "Mainstream". Mais plusieurs élections arrivent dans des points chauds de l'UE cette année.

Vague rouge en Grèce et en Espagne?

Cette année électorale commence par la Grèce. Finalement, le parlement grec, n'ayant pas pu élire de président de la République, a été dissous fin décembre 2014 par la coalition menée par le Premier ministre conservateur Antonis Samaras. Du coup, des élections auront lieu le 25 janvier, et un grand favori se dégage, c'est Syriza. Le parti de gauche radicale (socialiste, communiste, écologiste, écosocialiste), mené par Alexis Tsipras, serait vainqueur selon différents sondages qui estiment qu'il attirerait près de 30% des électeurs, avec plus de 4 points d'avance sur les conservateurs de Nouvelle démocratie. Même si cette victoire serait acquise, il reste encore à savoir si Syriza aurait une majorité à lui seul, ou serait obligé avec d'autres partis, sachant qu'ils ne se bousculent pas pour le faire en ce moment et qu'ils ont un électorat qui s'est affaibli, notamment du côté du Pasok (Parti socialiste hellénique). C'est loin d'être évident pour Tsipras et ses camarades.

Pour la fin de l'année 2015, il pourrait y avoir une bascule historique en Espagne. Le parti de gauche radicale Podemos, issu du mouvement des Indignés en 2011, pourrait bien gagner les élections législatives, selon différents sondages qui le placent devant le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et le Parti populaire (PP) au pouvoir, avec le Chef du gouvernement Mariano Rajoy. Néanmoins, comme pour Syriza, Podemos pourrait être obligé de s'allier avec d'autres partis de gauche tel Izquierda Unida, équivalent espagnol du Front de gauche en France, sachant qu'il lui est reproché de siphonner l'électorat de ces partis pour son compte. Mais à la différence de Syriza, Podemos a un PSOE qui a encore un électorat important, et dont la direction qui tient une ligne social-démocrate, voire social-libérale, rechignerait (a priori) à s'allier avec Podemos et serait même encline à vouloir former une grande coalition avec les conservateurs du PP.

Victoire travailliste assurée au Royaume-Uni?

Entre temps, il y aura les élections législatives britanniques en mai prochain. Il semble acté que la coalition entre les Conservateurs du Premier ministre David Cameron et les Libéraux-démocrates du vice-premier ministre Nick Clegg ne pourra continuer au-delà de cette échéance. Mais cela ne dit pas que l'opposition travailliste d'Ed Miliband aura la majorité à elle seule après les élections de mai. Le vote des Écossais sera décisif à plus d'un titre. En effet, l'Écosse vote traditionnellement à gauche, donc travailliste (même si ce parti est plutôt de centre-gauche en réalité), et les électeurs écossais pourraient faire payer très cher la décision du Parti travailliste de faire l'Union "sacrée" avec la coalition gouvernementale, à l'encontre des indépendantistes du Scottish national party, proche idéologiquement des travaillistes, au moment du référendum du 18 septembre dernier.

En tout cas, les Tories de Cameron risquent de perdre nombre de députés car ils sont menacés sur leur droite par le parti d'extrême-droite Ukip de Nigel Farage, qui attire de plus en plus des déçus du Parti conservateur, en jouant sa partition xénophobe à fond la caisse, et il pourrait également attirer des électeurs plutôt prompts à voter travailliste.

Vague de défaites annoncées pour les socialistes français

En France, deux élections vont se tenir durant l'année: les départementales (ou cantonales) et les régionales. Elles seront les dernières élections locales avant l'application de la réforme territoriale, préparée par le gouvernement du Premier ministre Manuel Valls, actant la réduction du nombre de régions dans l'Hexagone. Selon plusieurs sondages, ce serait une nouvelle série de défaites pour le Parti socialiste actuellement au pouvoir avec Valls et le président de la République François Hollande, qui dirige la majorité des conseils généraux et régionaux. Et dans ce cas, le PS entraînerait tout le reste de gauche avec lui, car à cause de la politique social-libérale du gouvernement, un discrédit immense du socialisme s'est posé pour les électeurs.

Un symbole pourrait le marquer au fer rouge: la région Nord-Pas-de-Calais, bastion historique des socialistes (ou des communistes regroupés dans le Front de gauche), pourrait bien être dirigée par le Front national, signe de la montée en puissance de ce parti d'extrême-droite ordinaire, selon certains sondages. Mais surtout, la plupart des régions pourraient être menées par les conservateurs de l'Union pour un mouvement populaire, malgré les déboires financiers, judiciaires, de ce dernier.

Mémoire napoléonienne à retravailler

Si certains férus d'Histoire sont des lecteurs de ce blog, qu'ils se préparent. Le 18 juin 2015, ce sera certes le 75e anniversaire de l'appel du général Charles De Gaulle à résister, mais ce sera surtout le 200e anniversaire de la bataille de Waterloo. La "morne plaine" versifiée par Victor Hugo a scellé le sort de la France de Napoléon Bonaparte, ainsi que celui de l'Europe. La victoire des Anglo-Prussiens d'Arthur Wellesley, duc de Wellington, et de Gebhard von Blücher sur les Français de Napoléon Bonaparte a mis fin à la dictature du caïd d'Ajaccio, mais a surtout rendu impossible d'appliquer désormais la politique des "frontières naturelles" (Rhin, Alpes, Pyrénées, océan), voulues par les révolutionnaires de 1793, notamment Georges Danton. Certes, certains idolâtres de Napoléon vont dire que les guerres qu'il a mené ne sont pas de sa faute, que l'Angleterre est au moins coresponsable de cette tragédie, mais en annexant des territoires au-delà des frontières naturelles (l'objectif défendu par les élites françaises), l'ex-empereur a perdu le soutien des élites qui l'ont porté au pouvoir lors du Coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), n'a fait que renforcer la conviction des ennemis de la France à l'époque, et l'a finalement conduit à sa perte, ne cessant pas de pomper la population française pour peupler son armée qui accumulait des pertes immenses d'effectifs.

Une coupe du monde chasse l'autre

Si l'année 2014 a été marquée par la Coupe du monde de football au Brésil, une autre Coupe du monde va créer l'événement cette année. Celle du rugby, cette fois-ci. Elle aura lieu du 18 septembre au 31 octobre en Angleterre et au Pays de Galles. Le XV de la Rose (surnom de l'équipe anglaise) fait parmi des favoris pour remporter le trophée William Webb Ellis (nom du fondateur du rugby), au même titre que les All Blacks Néo-zélandais, champions du monde en titre, les Springboks Sud-africains ou les Wallabies Australiens. Le XV de France est un outsider crédible (finaliste en 2011), mais fait peine à voir, avec un sélectionneur (Philippe Saint-André) qui affiche -pour l'instant- le pire bilan d'un entraîneur de la sélection tricolore depuis la professionnalisation du rugby (1995). En tout cas, le rugby français a une trajectoire semblable à celle du football anglais, ce qui n'est guère reluisant au fond.

P.S: Je vous souhaite, chers lecteurs, une excellente année 2015. Qu'elle soit signe de réussite sur tous les aspects de votre quotidien. Merci de lire ce blog depuis fin 2012 et j'espère que vous serez de plus en plus nombreux à le faire. N'hésitez pas, je suis votre humble serviteur, qui cherche à vous informer sur le monde et sur l'histoire.

Commenter cet article