Un 1er Mai combatif et houleux!

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

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Si l'ampleur de la mobilisation du 1er mai est modeste par rapport à d'habitude, mais non négligeable vu le contexte sanitaire incitant à rester cloîtré chez soi, il ressort une tension qui était observable ces dernières années et que le Coronavirus n'a pas fait retomber.

Un 1er mai sous tension. C'est ce qui peut servir de résumé au 1er mai 2021, où au moins plus de 100.000 personnes (106.000 selon la police, 170.000 selon les syndicats) ont battu le pavé partout en France, dont 17.000 à 25.000 à Paris (cf lien n°1). Des données somme toute modestes au regard des défilés du 1er mai antérieurs, dont celui de 2019, dernier en date car celui de 2020 ne put pas se faire, confinement oblige. Mais au regard du contexte sanitaire toujours délicat et avec un calendrier de déconfinement bancal, c'est déjà pas si mal.

Des violences qui en effacent d'autres

Mais l'attention médiatique a retenu que sur Paris, la fin du défilé a été marquée par des violences entre manifestants puisque certains d'entre eux, considérés comme des Black blocs, s'en sont pris au service d'ordre de la Confédération générale du travail (CGT) et au cortège du syndicat, faisant une vingtaine de blessés du côté des cégétistes. De quoi susciter la colère à gauche et un soutien unanime derrière la CGT, prise à partie (cf liens n°2, n°3). Peut-il y avoir une explication derrière ces faits? Du côté des militants autonomes, à l'origine de cette attaque contre la CGT, c'est l'image d'une rancœur envers ce syndicat sur les dernières luttes sociales d'envergure - loi travail en 2016, réforme de la SNCF en 2018, Gilets jaunes en 2018-2019, réforme des retraites en 2019-2020 - où quand la police fonçait sur le cortège de tête et/ou pratiquait une nasse à ciel ouvert, coupant le cortège global en plusieurs morceaux, le service d'ordre de la CGT n'allait pas au secours des manifestants du cortège de tête, mais laissait faire la situation, exposant nombre de manifestants, qui n'ont rien à voir avec les Black blocs et leur politique d'excitation mutuelle avec la police, à la répression armée. Du côté de la CGT, il y a de quoi estimer ces Black blocs comme des agents infiltrés, chargés de pourrir la manif afin que la faute retombe sur le syndicat.

Toujours est-il que la médiatisation de ce genre de violence permet d'effacer la violence policière qui s'est exprimée, comme d'habitude, sur le cortège. Et ce, sur une bonne partie de l'après-midi. Notamment au niveau du métro Saint-Ambroise, où durant plusieurs dizaines de minutes, un surplace fut organisé par la police avec un duel contre des Black blocs envoyant des projectiles en réponse aux multiples charges et envois de gaz lacrymogène, avec plusieurs interpellations faites à ce moment-là, avant que les unités policières se décident de couper le cortège en plusieurs morceaux avant qu'il n'arrive place de la Nation.

Un aveu de faiblesse?

Maintenant, est-ce qu'il n'y a pas, quelque part, un aveu de faiblesse du syndicalisme français? Depuis longtemps, les mass media aiment tirer à boulets rouges sur les syndicats, les accusant de tous les maux possibles et imaginables sur la situation de la France, y compris sur la question du racisme à travers des réunions non-mixtes qui se sont faites au sein de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) et de tenter une législation pouvant mener à la dissolution de syndicats menant ce genre de pratique militante. Ensuite, les syndicats eux-mêmes ne sont pas exempts de tout reproche. Par exemple, au sujet des Gilets jaunes, la quasi-unanimité d'entre eux, dont la CGT, ont affiché une certaine hostilité envers les Gilets jaunes. Du moins, les directions confédérales, car les bases syndiquées ont opéré davantage de liens avec les Gilets jaunes, sans pour autant effacer l'hostilité réciproque entre les directions syndicales et les Gilets jaunes.

Ce qui est bien dommage car cela prouve combien l'institutionnalisation des syndicats, leur bureaucratisation, les éloigne des revendications du terrain - déjà qu'ils sont historiquement faibles en France -, à l'heure où la réforme de l'assurance-chômage est partie pour être appliquée le 1er juillet prochain (cf lien n°4), prolongeant la réforme déjà en place depuis novembre 2019. Et ce n'est pas faute de la part des syndicats d'avoir d'ailleurs axé leur défilé du 1er mai sur le sujet, vu l'explosion du chômage sur l'ensemble de l'année 2020 en France.

Bref, un 1er mai qui s'est terminé de manière bien amère!

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