Les bourgeois? Des animaux "plus égaux que d'autres"

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Twitter

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La diffusion d'un reportage sur des dîners clandestins dans des lieux bourgeois, avec des journalistes ou des ministres comme invités, suscite bien des remous, avec une enquête judiciaire. Mais pas de quoi inquiéter la bourgeoisie, qui tient le pouvoir et les forces de l'ordre social seront moins à-mêmes d'aller leur chercher des noises.

"Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres". Cette phrase de George Orwell sied parfaitement à la polémique actuelle autour d'un reportage de M6 sur des restaurants clandestins dans les quartiers bourgeois de Paris, notamment l'exemple du palais Vivienne, où son propriétaire, Pierre-Jean Chalençon, se vantait sur les réseaux sociaux d'avoir récemment invité des ministres à dîner, en pleine période de couvre-feu, avant de se rétracter vu l'ampleur prise, vu que le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, a diligenté une enquête sur ce sujet (cf liens n°1, n°2).

#OnVeutLesNoms

Il faut dire qu'après la diffusion de ce reportage, le weekend dernier (3-4 avril), weekend de Pâques qui plus est, le mot-dièse (francisation du terme hashtag) #OnVeutLesNoms a fleuri sur les réseaux sociaux, une fois le lieu du reportage repéré (cf lien n°3). Et ce, d'autant plus que les images montrant des invités, et leur hôte, sans masques, omettant les gestes barrière, avec des menus coûtant plusieurs centaines d'euros par personne, ont de quoi rendre vert de rage des prolétaires et des restaurateurs lambda, condamnés à fermer leur gueule et à raser les murs, sous peine d'être amendés par une police-milice bien plus zélée à viser le bas de l'échelle sociale que les hautes sphères. On y reviendra sur d'éventuelles explications.

En attendant, il reste à savoir les fameux noms de ministres ou de personnalités qui ont effectivement participé à ces dîners ces derniers mois. À défaut de savoir du côté des politicien(ne)s, des noms de journalistes ont été indiqués, photos à l'appui, comme Patrick Poivre d'Arvor ou Ulysse Gosset pour le palais Vivienne de Chalençon, tandis que Bruce Toussaint a été invité à un repas clandestin dans un restaurant de Deauville. C'est déjà ça de prouvé envers des chiens de garde.

A-démocratie bourgeoise

La pilule est d'autant plus amère à avaler que quand des citoyen(ne)s lambda ou des prolétaires banlieusard(e)s tiennent à profiter du grand air pour aller à la plage ou se faire un barbecue, la police-milice, cet "État dans l'État", sanctionnera sans coup férir dans le contexte sanitaire actuel. Cela s'est vu au printemps 2020, déjà.

Mais pour expliquer ce zèle disparate selon les classes sociales de la part de la police-milice, il faut revenir sur une chose essentielle. La bourgeoisie a le pouvoir économique et politique en France! Ce n'est pas être complotiste de le dire. C'est un fait. L'élection présidentielle de 2017 le prouve car les bourgeois ont massivement voté tandis que les prolétaires s'abstiennent davantage, comparativement aux bourgeois. Que ce soit lors du premier tour ou lors du second tour d'ailleurs (cf liens n°4, n°5). Et que quand l'électorat bourgeois vote, c'est en premier lieu pour Macron. Donc, ce n'est pas un hasard si l'élection de Macron est une victoire à la Pyrrhus - jamais analysée comme telle par les chiens de garde - et que la politique qu'il mène depuis (suppression de l'exit tax, suppression de l'ISF, etc.) lui vaut, à juste titre, le surnom de "président des riches".

Pour conclure, la France est bel est bien une a-démocratie bourgeoise, où le vote est un "cens caché" car il ne sert finalement que la classe sociale tenant les structures économiques et sociales et envers laquelle le pouvoir doit s'y plier, quitte à ce que cette bourgeoise viole la loi, mais en cela, c'est une illustration d'une réflexion que fit Jean-Jacques Rousseau dans une lettre adressée à D'Alembert et qui est la suivante:

  • "Jamais dans une Monarchie l'opulence d'un particulier ne peut le mettre au-dessus du Prince; mais dans une République elle peut aisément le mettre au-dessus des lois. Alors le gouvernement n'a plus de force, et le riche est toujours le vrai souverain. Sur ces maximes incontestables, il reste à considérer si l'inégalité n'a pas atteint parmi nous le dernier terme où elle peut parvenir sans ébranler la République."

De quoi imaginer Rousseau en monarchiste? Voyons! Il faudrait ne pas connaître le travail du philosophe, qui a toujours soutenu l'idée de démocratie directe et de souveraineté populaire, et par conséquent, un dépassement de la monarchie et de la république bourgeoise.

Si des forces socialistes, communistes, écologistes, ou anarchistes, pouvaient y réfléchir là-dessus, au lieu de sucer les roues de la droite et de l'extrême-droite sur la non-mixité, ce serait déjà un bon pas en avant.

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