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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Une guerre partie pour durer en Ukraine?

Publié par JoSeseSeko sur 25 Février 2023, 13:30pm

Catégories : #Politique, #Europe, #Russie, #Ukraine, #Énergie, #Inflation, #Afrique, #Poutine, #Zelensky, #Économie

Photo: AFP

Photo: AFP

1 an après l'attaque russe dans l'Est de l'Ukraine, le front s'enlise et semble s'inscrire dans la durée. Les certitudes de part et d'autre des belligérants de pouvoir gagner le conflit ne donnent pas envie de croire à une paix immédiate, à moins de renversements révolutionnaires, qui pourraient donner une issue digne entre deux peuples proches et déchirés ces derniers temps.

Si la guerre russo-ukrainienne est officiellement lancée depuis le 24 février 2022 par la décision de Vladimir Poutine d'attaquer l'Ukraine, on peut considérer qu'elle est larvée depuis 2014, année où la péninsule de Crimée a été annexée par la Russie et que la province ukrainienne du Donbass, peuplée de citoyen(ne)s russophones, est entrée en sécession par rapport au pouvoir central de Kiev. En un an de conflit ouvert, si les Russes étaient au départ en mode blitzkrieg, voulant rapidement prendre Kiev, l'armée ukrainienne, recevant régulièrement du matériel militaire en provenance des pays occidentaux, a pu se refaire une santé, menant une contre-offensive durant l'été 2022, reprenant certaines villes du Sud du pays comme Kherson, occupée durant les premiers mois de l'invasion russe. Néanmoins, depuis le début de l'hiver, le front s'est stabilisé et que chacun des belligérants peine à avancer, laissant entrevoir un scénario de guerre de position comme nos aïeux le connurent lors de la première guerre mondiale.

Diplomatie tous azimuts

Si la recherche de la paix reste prioritaire aux yeux de beaucoup de chefs d'État, de diplomates internationaux, via un vote symbolique pour le retrait des troupes russes d'Ukraine (cf lien n°1), la réalité laisse poindre une escalade de la violence à plus grande échelle, au point que l'idée d'une troisième guerre mondiale germe dans les esprits. Il faut dire que Poutine, nostalgique de la Russie tsariste, ne compte pas lâcher du lest tant qu'il estimera ne pas avoir obtenu satisfaction dans ce conflit, quitte à agiter la menace nucléaire, ayant dernièrement annoncé ne plus respecter les accords New Start limitant la prolifération des armes nucléaires (cf lien n°2). Et contrairement à ce qui est écrit dans la presse mainstream, la Russie de Poutine n'est pas isolée diplomatiquement, notamment avec les liens établis entre Moscou et Pékin. Même si la Chine se veut neutre dans ce conflit, elle tient à éviter l'escalade, estimant sans doute que cela serait nuisible pour ses intérêts.

Côté ukrainien, le président Volodymyr Zelensky ne cesse de demander le soutien des pays occidentaux et au-delà de cette sphère. Ce qui est plutôt un demi-succès. Les pays occidentaux font plutôt bloc pour fournir des armes, des munitions aux ukrainiens, ainsi que du financement, et l'invasion russe a eu comme effet d'otaniser l'Europe dans la mesure où des pays comme la Suède et la Finlande, qui n'étaient pas dans l'Alliance Nord-Atlantique, ont fait désormais la demande d'adhésion, sachant que l'idée que l'Ukraine y adhère également est questionnée. Ce qui est un échec de Poutine, soit dit en passant car il renforce l'OTAN et rapproche cette organisation de la frontière russe, alors qu'il voulait éviter cela initialement.

Isolement géopolitique

Néanmoins, en-dehors de l'Occident, la cause ukrainienne ne convainc pas tellement (cf lien n°3). Les pays asiatiques et africains s'abstiennent et une partie d'entre eux votent aux côtés des russes dans les résolutions des Nations unies qui ne peuvent être appliquées car la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, utilise son droit de veto. Pourquoi ce positionnement? Pour ma part, comme je l'ai écrit au sujet de l'Afrique (cf lien n°4), l'impact économique de cette guerre est plus sévère sur ce continent que dans les pays développés, en raison notamment d'une dépendance alimentaire auprès des deux belligérants. En outre, plusieurs pays africains, comme l'Afrique du Sud, ont des liens diplomatiques importants avec Moscou, de part des luttes passées impliquant une certaine fidélité historique. Le soutien occidental à l'Ukraine offre un contraste saisissant avec l'indifférence, voire la complicité de l'Occident au sujet de conflits se déroulant en Afrique comme la guerre du Tigré, province d'Éthiopie en rébellion contre le pouvoir central de 2020 à 2022, faisant entre 385.000 et 600.000 morts selon diverses estimations ou encore une guerre larvée dans l'Est de la République démocratique du Congo depuis 1996, dénoncée - pour une fois! - par le pape François début février, a fait entre 6 à 12 millions de morts. Enfin, les images et les gestes financiers faits en faveur des réfugié(e)s ukrainien(ne)s venant en France ou ailleurs en Europe contrastent également avec l'hostilité croissante envers les exilé(e)s provenant de pays extra-européens, notamment de pays africains en guerre ou subissant le néocolonialisme. Comme dirait l'autre: "Il y a les bons et les mauvais réfugiés".

Profiteurs de guerre

Si le soutient des chefs d'État occidentaux à l'égard de l'Ukraine est bien présent, qu'en est-il de celui des peuples? Si la majorité se maintient pour un soutien de l'Ukraine contre la Russie, l'effritement se fait de plus en plus visible avec le temps, selon divers sondages (cf liens n°5, n°6). Et pour cause, le principal effet économique de la guerre russo-ukrainienne a été l'accélération de l'inflation, qui était déjà bien enclenchée en raison de la reprise de l'activité économique après les période de confinement face au Coronavirus. Et cette spirale inflationniste a eu des effets contrastés. Pour les ménages, notamment issus du prolétariat, cette inflation non compensée par des hausses de salaires, les a rendu moins en capacité de vivre, restreignant leur consommation. Pour nombre d'entreprises, les factures énergétiques ont crevé le plafond, les obligeant à serrer la vis pour éviter, si possible, de mettre la clé sous la porte tant les aides publiques ne suffisent pas. De même qu'EDF a vu ses comptes dans un rouge vif sur l'année 2022.

Mais d'un autre côté, il y a des profiteurs de guerre. Des banques comme BNP Paribas dégagent des profits pharamineux (plus de 10 milliards d'euros en 2022). Le géant pétrolier Total, comme les autres de son secteur, a bien pompé les poches des automobilistes l'an dernier pour bien se les remplir (20,5 milliards d'euros de bénéfice net). Le géant du luxe LVMH, propriété de Bernard Arnault, première fortune mondiale, a affiché un profit de 21,1 milliards d'euros l'an dernier. Et comme la fiscalité est faiblement imposable envers les bourgeois ces dernières décennies, c'est tout bénéf!

Enfin, est-ce que les sanctions économiques envers la Russie sont pleinement efficaces? Si on se réfère aux projections du Fonds monétaire international (FMI) (cf lien n°7), la Russie serait entrée en récession l'an dernier (-2,2% du Produit intérieur brut), mais pourrait en ressortir cette année (+0,3%) et suivre en 2024 une croissance de 2,1% du PIB, sachant que des pays comme la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie ou encore les États-Unis pourraient voir leur rythme de croissance se ralentir, ou même stagner à partir de 2024. Sachant que selon les projections du FMI, le Royaume-Uni, fervent soutien de l'Ukraine, pourrait entrer en récession en cette année 2023.

Guerre, mère de révolution?

Vu la situation, peut-on imaginer une fin rapide de la guerre? Vu la détermination de part et d'autre, la liste des morts promet de s'allonger. Mais à force de durer dans le temps, la colère des exploité(e)s, tant côté russe que côté ukrainien, tendra à monter et à être de plus en plus réfractaire à partir au combat. Et c'est là qu'une perspective révolutionnaire pourrait se développer. Mais est-ce que les forces militantes se réclamant du socialisme, du communisme, de l'anarchisme, de l'écologie politique, de part et d'autre des pays belligérants, seraient en mesure de refaire le coup réussi par les bolcheviques en octobre 1917?

Il y a de quoi en douter. Cette guerre divise la gauche dans chacun des deux pays. La gauche ukrainienne tient, en grande partie, à soutenir l'effort de guerre au nom de la lutte contre l'envahisseur russe et l'impérialisme de Moscou. De même qu'une partie de la gauche russe, notamment au sein du parti communiste russe, est derrière cette invasion de l'Ukraine. Néanmoins, des dissidents de gauche des deux pays tentent de nouer un dialogue pour mener conjointement une lutte contre leurs classes dominantes locales, gangrénées par la corruption qui plus est, puis de fournir une alternative crédible, permettant de pacifier les relations entre deux peuples frères qui sont en train de s'entre-déchirer. De quoi relancer la théorie que le socialiste français Jules Guesde eut lancée durant la guerre de 14-18: "la guerre est mère de révolution".

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