Quelles alternatives contre le réchauffement climatique?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Indigenous Climate Action

Photo: Flickr/Indigenous Climate Action

À l'heure où commence la COP26 à Glasgow, la question de trouver des solutions face au réchauffement climatique de plus en plus manifeste se pose, afin de se conformer à l'accord de Paris sur le climat, signé en 2015 et peu mis en œuvre depuis. Un constat d'échec lié à la nature énergivore du capitalisme et des industries développées depuis des décennies.

On connaît bien la formule de Jacques Chirac au sujet du changement climatique: "notre maison brûle et nous regardons ailleurs". Et en ce 31 octobre 2020, la COP26, lancée à Glasgow (Royaume-Uni) pour une durée de deux semaines (cf lien n°1), doit marquer une accélération de la lutte contre le réchauffement climatique, dans la lignée de l'accord de Paris sur le climat qui date de 2015, où il est question de limiter la hausse de la température du globe à +1,5°C (ou +2°C maximum) d'ici la fin du 21e siècle.

Catastrophes multiples

Depuis 2015, a-t-on observé une évolution positive vers un contrôle du changement climatique? Si on se réfère au rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), le pessimisme est de rigueur tant le rapport du Giec publié début août 2021 (cf lien n°2) - et largement snobé médiatiquement en France - est accablant sur la trajectoire du réchauffement climatique par rapport aux débuts du capitalisme puisqu'il indique que dès 2030, la température globale pourrait avoir augmenté de +1,5°C et que la trajectoire actuelle mènerait à une montée de la température entre +3°C et +5°C d'ici la fin du siècle. Ce qui laisse imaginer l'urgence de la situation.

D'ailleurs, ces dernières années, bien des catastrophes, entièrement ou partiellement climatiques, ont été observées ou peuvent générer des conséquences sur le climat. On peut penser aux incendies dans la partie brésilienne de l'Amazonie en 2019, aux grands incendies en Australie en janvier 2020, la canicule dans l'Ouest du Canada et des États-Unis durant l'été 2021, ou même au Coronavirus. Après tout, de nouvelles maladies contagieuses peuvent naître ou d'anciennes revenir de sous terre, étant donné que la biodiversité se réduit, ouvrant la porte à des phénomènes qui laissent à penser, pour certains militants écologistes, que l'heure de la sixième extinction de masse aurait sonné et qu'on n'en serait qu'au début.

Nucléaire vs renouvelables?

Face à cette situation pour le moins anxiogène, quelles alternatives doivent être mises en place pour une atmosphère soutenable sur le long terme pour l'humanité? Et c'est là que l'opposition entre nucléaire et énergies renouvelables (éoliennes, hydroélectricité, énergie marine, biomasse, etc.) a pris de l'ampleur, notamment en France, ces dernières années et qu'elle est même un enjeu politique, économique, à l'approche de l'élection présidentielle.

Il faut dire que la France a une attache particulière au nucléaire depuis les années 60-70, où la stratégie du "tout nucléaire" a été primée par l'État, dans son pôle interventionniste avec le contrôle d'EDF pour produire de l'électricité. Aujourd'hui, le nucléaire représente entre les 2/3 et les 3/4 de la production d'électricité hexagonale. Une telle dépendance sur une énergie qui est l'épée de Damoclès de l'humanité est pour le moins problématique car le parc nucléaire français est vieillissant, méritant d'être soit prolongé, soit remplacé pour éviter une catastrophe digne de celle de Fukushima, au Japon, en mars 2011. Et si le coût du nucléaire reste plus faible que pour les renouvelables, la tendance à une inversion n'est pas négligeable dans la mesure où la demande en électricité, y compris renouvelable, augmente et que l'offre cherche à s'y adapter, amoindrissant le coût de la production d'une part; et d'autre part, le nucléaire, notamment à base d'uranium, est importé en France et que les nouvelles générations de réacteurs nucléaires mettent plus de temps que prévu à être prêtes pour la production, renchérissant par conséquent le coût du nucléaire, comme l'exemple de l'EPR de Flamanville, toujours pas terminé, le montre, avec plusieurs milliards d'euros de surcoût à la clé. De quoi pousser RTE, dans son rapport publié mardi 26 octobre, à ménager aussi bien les partisans du nucléaire que ceux des énergies renouvelables pour défendre un mix énergétique qui soit au service de la lutte contre le réchauffement climatique, mais qu'il ne faut pas traîner pour s'y mettre, afin que ce soit le moins coûteux possible (cf lien n°3).

Illusion du capitalisme "vert"

Mais tout ce qui est écrit dans ce billet est dans le contexte où l'on vit sous le régime du capitalisme. Et la question qui doit se poser est la suivante: "Y a-t-il moyen d'arriver à un capitalisme vert?". Personnellement, je considère que le capitalisme "vert" est un oxymore véhiculé de manière à aliéner les esprits, à l'instar de l'encyclique Laudato Si du pape François datant de 2015, trahissant davantage une inquiétude de voir un prolétariat se tournant vers des idées écosocialistes, écologistes, et donc mener l'ordre social capitaliste, que du souci de préserver la santé de la planète. D'ailleurs, la médiatisation de vols touristiques dans l'espace par des capitalistes chevronnés et hors-sol qui se tirent la bourre sur ce sujet (Elon Musk, Richard Branson, Jeff Bezos) souligne ce désintérêt des hautes sphères pour la planète. De même que les banques ne sont guère enclines à soutenir des projets qui se veulent inscrits dans la trajectoire de lutte contre le réchauffement climatique, privilégiant l'investissement auprès des entreprises les plus pollueuses car les plus puissantes à l'heure actuelle.

Puis, il faut quand même le dire. Le capitalisme, par essence, est énergivore! Que ce soit envers les hommes et envers l'environnement qui l'entoure. Un Karl Marx, dans son grand œuvre, Le Capital (1867), esquissait déjà ce genre de rapport d'exploitation de l'homme et de la nature par le capitalisme car il y a une sacralisation de la croissance et mettre des contraintes écologiques, associées aux contraintes sociales, ce n'est pas rendre service à la croissance selon les capitalistes et leurs sbires (penseurs libéraux, politiciens). Ce n'est pas un hasard si un Donald Trump fit retirer les États-Unis de l'accord de Paris car il estime, en capitaliste, que c'est néfaste.

Maintenant, quelle alternative au capitalisme peut concilier le bien-être social et le bien-être environnemental? L'écosocialisme peut fournir cet horizon-là, doublé d'un angle de décroissance pour certains biens et services dont l'utilité sociale est marginale, ou bien démesurément importante, à l'instar de l'industrie de l'armement ou du modèle intensif de l'agriculture, lié à une tendance à la mécanisation afin d'augmenter sans cesse la productivité. Ce qui implique, fondamentalement, un refus du consumérisme, hérité de la séquence fordiste du capitalisme, au milieu du 20e siècle, où la consommation de masse devient essentielle pour les capitalistes. Et in fine, c'est l'implication démocratique dans le processus de production qui permettra de donner du crédit à une alternative écosocialiste et/ou décroissante, vu que le prolétariat est bien pollueur que la bourgeoisie.

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